Scandale du Lycée d’Ayos : Essomba ne cache pas sa colère « Qu’est-ce qui, en 2020, peut encore pousser une Dame à aller gifler un enseignant de Lycée ? »

Dieudonné Essomba

Dieudonné Essomba se demande bien comment un représentant de l’Etat central peut aller dans un Lycée qui est une institution de niveau régional et porté main sur un enseignant.

Un enseignant de philosophie a subi mercredi dernier les foudres de madame le sous-préfet, en visite inopinée dans le lycée bilingue d’Ayos, nous sommes dans le département de Nyong et Mfoumou , région du Centre.

Selon les temoignage, l’autorité administrative se serait introduite dans une salle de classe de Terminale A4 pour « déchirer » des tenues jugées extravagantes de certains élèves.

Le professeur de philosophie qui évaluait la classe aurait commis la « bourde » de demander au « chef de terre » d’attendre la fin de l’évaluation. Oubliant qu’il s’attirait ainsi les foudres du représentant du chef de l’Etat.

Ce scandale a suscité une vague indignation sur les réseaux sociaux. De nombreux internautes estiment que le sous-préfet a fait preuve d’un excès de zèle et d’abus d’autorité. Ce qui a poussé le consultant Tv, Dieudonné Essomba, à se questionner « Dans un Etat segmentaire, qu’est-ce qu’un représentant de l’Etat central allait faire dans un Lycée qui est une institution de niveau régional ».

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Dans un Etat segmentaire, qu’est-ce qu’un représentant de l’Etat central allait faire dans un Lycée qui est une institution de niveau régional ? Le Cameroun a adopté la décentralisation en 1991 lors de la Tripartite et l’a constitutionnalisée en 1996. Et dans cette décentralisation, il est bien dit que l’Etat s’occupe des Universités, que les Régions s’occupent des Lycées et que les Communes s’occupent des Ecoles. C’est écrit noir sur blanc. Qu’est-ce qui, en 2020, peut encore pousser une Dame, se présentant comme le représentant du Président de la République lui-même, autrement dit, de l’Etat central, à aller gifler un enseignant de Lycée ? On en devrait avoir aucun lien ! Ce problème relève clairement des autorités régionales élues, ayant des comptes à rendre à la population locale du comportement de leurs propres représentants, et non d’une autorité désignée par un Président lointain, érigé en divinité et qui, aujourd’hui, est le seul interpelé ! Car, c’est lui qui doit décider de la conduite à tenir et lui seul ! C’est lui seul qui peut maintenir la dame à son poste, la muter, la promouvoir ou la punir ! C’est lui seul qui peut dire : « il n’y a rien » ! Et il n’y aura rien ! Et s’il dit qu’il y a quelque chose, il y aura quelque chose ! Comment les Camerounais peuvent se contenter d’un modèle institutionnel, où un seul individu décide de toute leur existence ? C’est clairement de la folie ! Ce modèle ne grandit pas l’Etat et contrairement à ses soutiens, ne valorise pas le Président de la République. On ne peut pas imaginer un Etat crédible lorsqu’il est interpellé à chaque bisbille, y compris des choses qui auraient dû relever intégralement des niveaux inférieurs. A l’époque de la « décentralisation accélérée », les sous-préfets n’ont rien à foutre dans les Lycées et les Ecoles !

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