En pleine ébullition sur la transition politique au Cameroun, une guerre de mots secoue les réseaux sociaux. Face aux ambitions de vice-présidence affichées par Georges Gilbert Baongla, le ministre Jean de Dieu Momo a choisi de trancher dans le vif. En réaffirmant avec force la primauté de Franck Emmanuel Biya, ce soutien ministériel interroge sur les grandes manœuvres et les stratégies d’allégeance qui se dessinent désormais à Yaoundé.
Le climat politique de ce début de semaine est marqué par une tension inhabituelle autour de l’arbre généalogique du palais d’Etoudi. Tout bascule le dimanche 19 avril 2026. Georges Gilbert Baongla, l’ancien patron du journal Le Démenti, s’invite dans le débat sur la nouvelle vice-présidence lors de l’émission « Libre Expression ».
Sur le plateau de Parfait Ayissi, l’homme ne fait pas dans la demi-mesure. Il revendique le futur poste pour la « famille » et bouscule l’ordre établi : « Le Poste de vice-président doit revenir à la famille (…) j’ai des états de service et je peux occuper cette fonction. »
Plus provocateur encore, il tente de disqualifier Franck Emmanuel Biya, figure centrale de l’entourage présidentiel, en affirmant : « Nous sommes quatre. Il y a trois enfants biologiques : Moi Baongla, il y a Brenda et il y a Junior. Franck Biya est un enfant adoptif. »
L’offensive juridique du Ministre Momo
La réaction de l’appareil d’État ne s’est pas fait attendre. Lundi soir, le Ministre délégué auprès du Ministre de la Justice est sorti de sa réserve habituelle pour une mise au point virulente sur les réseaux sociaux. Jean de Dieu Momo a choisi le terrain du droit civil pour terrasser les ambitions de Baongla.
Pour le membre du gouvernement, la filiation n’est pas une affaire de plateaux télévisés mais de faits juridiques constants. « Franck Emmanuel Biya est incontestablement et de commune renommée en ayant la POSSESSION D’ÉTAT FILS AÎNÉ DU PRÉSIDENT PAUL BIYA. En revanche le nommé Gilbert Baonla n’est pas le fils du président Paul Biya. Full stop. Il faut arrêter la sorcellerie ! » Concède t’il.
Un zèle qui interroge
Au-delà de la clarification légale, cette intervention soulève des questions sur les jeux d’influence à Yaoundé. Pourquoi un ministre de la République s’implique-t-il avec autant de vigueur dans une querelle de filiation ? Pour de nombreux observateurs, ce soutien public à Franck Biya, désigné comme le seul et unique « fils aîné », ressemble à une opération de charme politique.
En protégeant l’image de Franck Emmanuel Biya face aux assauts médiatiques, Jean de Dieu Momo se place en première ligne des défenseurs de l’héritage politique du Chef de l’État. À l’heure où la création de la vice-présidence redessine les contours du pouvoir, faire acte d’allégeance au « fils aîné » pourrait s’avérer être un investissement stratégique pour l’avenir.





