Calixthe Beyala a désormais la dent très dure contre le pouvoir de Yaoundé. La célèbre romancière franco camerounaise établit un parallèle entre le régime de Paul Biya et celui d’Augusto Pinochet, au Chili. Elle dénonce une gouvernance fondée sur la peur, les enlèvements, les disparitions et les meurtres non élucidés.
Lire la tribune de Calixte Beyala :
Un seul régime dans le monde est à rapprocher de celui de Paul Biya de par son extrême violence : c’est celui de Pinochet au Chili.
En effet, les deux hommes procèdent avec les mêmes méthodes par des enlèvements, des disparitions, des meurtres non élucidés, des choses qui terrorisent profondément les hommes – parce que inexpliquées et les amènent à l’inaction due à la terreur.
Il en est ainsi de la disparition de Hadja AWA depuis près d’un an. Nous l’avions tous entendue dénoncer le régime avec moult détails, puis nous l’avions vue être arrêtée…
Depuis, plus personne au mon monde n’a des nouvelles de Hadja Awa. Ils essaient de nous distraire comme lorsqu’ils ont assassiné Martinez Zogo. Tantôt les agents du régime et affiliés nous disent qu’elle est à Paris, tantôt au Tchad, tantôt au Sed… Et comme personne n’arrive à la localiser dans le monde, les agents de Biya nous racontent maintenant qu’elle serait gardée dans un lieu secret. Dans quel lieu secret mettront-on quelqu’un ? Dans de l’acide où son corps se dilue, où ses os ne sont plus reconnaissables.
Hadja Awa n’est plus parmi nous, comme avant elle, de nombreux camerounais, disparu dans les locaux de nos armées. Martinez Zogo ou Wazizi pour ne citer qu’eux, en font parti. Et quiconque voudrait nous dire le contraire, se doit de filmer Hadja Awa et de diffuser la vidéo pour nous affirmer qu’elle est encore de notre monde.
Que les camerounais, chacun d’entre nous, exige la vérité : où est passée Hadja Awa ? Parce que chacun d’entre nous ou un membre de notre famille pourrait demain devenir une de ces personnes disparues dans les mains des milices de Paul Biya.
Calixthe BeyalaBeyala





