Suite à la levée du mot d’ordre de grève du Synes, le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, s’est rendu dans les universités de Yaoundé I et II. Une visite de terrain qui intervient après le déblocage de plusieurs milliards de francs CFA pour apaiser la tension autour de la dette académique.
Le temps de la confrontation cède la place à celui de l’apaisement. Après plusieurs semaines de crispations nées du mouvement de grève lancé le 3 septembre dernier par le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), les cours ont repris de manière effective dans les universités d’État.
Pour s’assurer de cette normalisation, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, a effectué une descente remarquée ce lundi sur les campus de Yaoundé I et de Yaoundé II à Soa. En sa qualité de chancelier des ordres académiques, Jacques Fame Ndongo a pu toucher du doigt la réalité du déroulement des enseignements dans les amphithéâtres.
Dialogue direct et décaissements majeurs
Sur place, à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’université de Yaoundé II, le membre du gouvernement a échangé avec des étudiants et des figures de la contestation, à l’instar du professeur Jean Calvin Aba’a Oyono. Connu pour ses sorties médiatiques acerbes durant la crise, cet enseignant de droit incarne la frange radicale du syndicat.
Au cœur du bras de fer se trouvaient des revendications financières précises : le paiement d’une dette académique globale évaluée à environ 16 milliards de francs CFA, ainsi que l’apurement des allocations liées à la modernisation de la recherche pour le quatrième trimestre 2025 et les deux premiers trimestres de 2026.
Pour désamorcer la fronde, l’exécutif a sorti le carnet de chèques. Le gouvernement a successivement réglé la dette du quatrième trimestre 2025 (5,478 milliards de francs CFA), versé 5,961 milliards de francs CFA le 18 septembre dernier pour le premier trimestre 2026, puis décaissé 5,499 milliards de francs CFA le 2 octobre pour le second trimestre de l’année en cours.
Si ces concessions financières successives ont permis de rétablir la sérénité sur les campus, la vigilance reste de mise. Une partie de la dette académique accumulée entre 2000 et 2021 demeure en effet en suspens, rappelant que la paix sociale dans l’enseignement supérieur camerounais se nourrit autant du dialogue que du respect rigoureux des engagements pris.





