Trois semaines après le lancement de son mouvement de grève, le Syndicat des enseignants du supérieur (Synes) refuse de baisser la garde. Malgré un récent déblocage partiel de fonds par le gouvernement, onze universités d’État restent paralysées. Les enseignants réclament l’intégralité de leurs primes de recherche et un calendrier clair d’apurement d’une dette historique de 10 milliards de francs CFA.
Le bras de fer se prolonge dans l’enseignement supérieur au Cameroun. Entamé il y a trois semaines, le mouvement de grève impulsé par le Syndicat des enseignants du supérieur (Synes) ne faiblit pas, maintenant onze universités d’État dans un fonctionnement au ralenti qui met à l’épreuve toute la communauté universitaire.
Au cœur de cette fronde sociale figurent des revendications récurrentes : le versement de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche et le règlement d’une dette académique accumulée sur vingt ans, évaluée à 10 milliards de francs CFA. Une réunion de crise s’est pourtant tenue le 18 septembre dernier à Yaoundé entre le ministère de tutelle et les représentants syndicaux, débouchant sur un premier déblocage partiel des fonds exigés.
Un geste jugé insuffisant par le Synes, qui a résolument maintenu son mot d’ordre. L’organisation syndicale réclame le paiement intégral de l’allocation du deuxième trimestre 2026 pour l’ensemble des 8 200 enseignants du secteur, ainsi qu’un échéancier transparent pour l’apurement total de la dette. Avec un taux d’adhésion estimé entre 65 % et 70 % par le syndicat, la contestation paralyse l’appareil académique. Les étudiants, particulièrement ceux en fin de cycle de master et de doctorat, subissent directement les conséquences de cette crise avec la suspension sine die de leurs soutenances.
Alors que de nouvelles concertations sont d’ores et déjà annoncées avec le ministère de tutelle pour tenter d’apaiser les tensions, l’avenir immédiat de la saison académique dépend désormais de la capacité de l’exécutif à formuler une réponse globale à la hauteur des attentes de l’élite universitaire.





