Parti pour un séjour privé en Europe le 7 juin dernier, le président Paul Biya demeure invisible depuis quarante-neuf jours. Cette absence prolongée du chef de l’État, âgé de quatre-vingt-treize ans, plonge le pays dans un silence gouvernemental total. L’opposition politique tire la sonnette d’alarme et dénonce une rupture institutionnelle majeure, tandis que les citoyens s’interrogent sur la continuité réelle des affaires publiques au sommet de l’État.
La dernière apparition publique officielle de Paul Biya remonte au 7 juin 2026. Ce jour-là, le journal gouvernemental Cameroon Tribune immortalise le départ du couple présidentiel, aux côtés de Chantal Biya, en direction de l’Europe pour un « court séjour privé ». Depuis lors, le compteur affiche quarante-neuf jours de silence radio absolu. Aucun communiqué officiel ne précise sa localisation précise ni une éventuelle date de retour au pays.
L’opposition monte au créneau
Face à ce vide médiatique, l’inquiétude gagne les cercles politiques et la société civile. Le professeur Aba’a Oyono, figure de l’opposition et ancien soutien d’Issa Tchiroma, qualifie ouvertement la situation de « vacance du pouvoir ».
Le ton se durcit également au sein du Social Democratic Front (SDF). Pour le député Joshua Osih, l’appareil étatique fonctionne désormais en mode « pilotage automatique ». De son côté, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dresse un constat similaire, estimant que le pays est géré à distance.
Le parti au pouvoir tente de rassurer
Alors que les rumeurs les plus alarmistes enflent sur l’état de santé du chef de l’État, l’exécutif maintient une ligne de stricte opacité. Seul le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), par la voix de son secrétaire national à la communication, a brisé l’omerta la semaine dernière pour affirmer avec fermeté :
« Il n’y a pas de vacance du pouvoir, et le président est au travail. »




