La tension monte à l’approche de la présidentielle du 12 octobre 2025.
Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, a officiellement saisi le Conseil constitutionnel pour contester la convocation du corps électoral signée le 11 juillet par le président sortant, Paul Biya.
Dans un recours déposé ce 14 juillet, le Collectif Sylvain Souop, composé d’avocats proches du MRC, estime que les conditions légales de convocation ne sont pas réunies. En cause, l’absence présumée de publication formelle du fichier électoral national, pourtant exigée par l’article 80 du Code électoral.
Selon le collectif, Elecam n’a pas rempli ses obligations de transparence. Un communiqué diffusé le 10 juillet annonçait un futur « toilettage » du fichier, mais ne confirmait pas une publication conforme à la loi. Ce flou juridique rendrait, selon le MRC, la convocation du corps électoral prématurée et donc illégale.
Les avocats de Kamto posent une question de fond : s’agit-il du fichier brut des inscrits, ou d’un fichier épuré et validé à l’issue d’un processus contradictoire ? Pour eux, ni les électeurs ni les potentiels candidats ne sont actuellement en mesure d’identifier le corps électoral, comme le prévoit la loi.
Elecam, de son côté, affirme que la liste est bel et bien disponible sur son site internet, actualisée et accessible. Mais pour le MRC, une publication numérique ne saurait remplacer l’obligation de rendre la liste accessible par des moyens matériels et officiels, comme l’exige la loi.
Ce recours n’est pas sans précédent. En janvier 2025, le MRC avait déjà tenté d’obtenir la publication du fichier électoral, mais les juges constitutionnels s’étaient déclarés incompétents. Ils avaient renvoyé le parti vers le tribunal administratif, qui n’avait pas donné suite. Erik Essousse, directeur général d’Elecam, avait à l’époque justifié l’impossibilité de publier l’intégralité du fichier pour des raisons techniques.





