C’est un incroyable Face-à-Face qui a eu lieu entre Longue Longue et son bourreau Bernard Mbu Tabala á Paris ce week-end. C’est une scène qui défie l’entendement et heurte la conscience collective. Dans la pénombre d’un restaurant du quartier africain de Paris, non loin de Château Rouge, deux hommes ont partagé le pain et le sel. D’un côté, Longue Longue, l’artiste à la voix d’or dont les cris de détresse sous les coups de machette résonnent encore dans la mémoire des Camerounais. De l’autre, son tortionnaire désigné, l’officier Bernard Mbu Tabala.
Alors que le monde entier découvrait avec effroi, il y a peu, les images de la torture infligée à l’artiste dans les geôles de la SEMIL, Bernard Mbu Tabala s’offre une tournée européenne.
Après un séjour de plusieurs jours ici à Berlin, en Allemagne, l’officier a rallié la capitale française. Entre deux rendez-vous, il a retrouvé l’une de ses compagnes, figure de la restauration parisienne, avant de préparer son retour au Cameroun. Nous reviendrons sur le cas de cette compagnes et son restaurant.
Ce périple pose une question brûlante : comment un homme associé à de tels sévices peut-il circuler si librement dans l’espace Schengen, alors qu’il est officiellement interdit de séjour aux États-Unis pour une série de forfaits commis outre-Atlantique ?
Le Choc des Images : Boire avec son Bourreau
Le point d’orgue de ce séjour parisien reste cette rencontre au sommet de l’absurde. Dans ce restaurant de Château Rouge, les deux ennemis d’hier ont été vus mangeant et buvant ensemble. Le brigand et vendeur de nourriture Amot est celui qui a immortalisé cette scène.
Pour les défenseurs des droits de l’homme et les fans de l’artiste, le choc est total. Comment peut-on, en quelques mois, passer du supplice de la plante des pieds à la fraternité d’une table dressée ? S’agit-il d’un pardon christique, d’une mise en scène orchestrée sous pression, ou d’un syndrome de Stockholm à ciel ouvert ?
Si pour certains cette réconciliation marque la fin d’un chapitre sanglant, pour d’autres, elle sonne comme une insulte aux victimes de la torture qui n’ont jamais eu droit à de tels égards. En s’affichant avec son bourreau, Longue Longue brouille les pistes de la justice. Tabala, quant à lui, semble laver son image dans le vin partagé, tentant d’effacer d’un revers de main le sang versé sur le sol de la patrie.
La diplomatie de la fourchette pourra-t-elle effacer les cicatrices de la machette ? À Paris, le temps d’un repas, l’horreur s’est invitée à la fête, laissant un goût amer de justice inachevée.
𝑷𝒂𝒖𝒍 𝑪𝒉𝒐𝒖𝒕𝒂 (𝑷𝑪)/𝙇𝙚 𝙏𝙜𝙫 𝙙𝙚 𝙇’𝙞𝙣𝙛𝙤
𝙅𝙤𝙪𝙧𝙣𝙖𝙡𝙞𝙨𝙩𝙚 /𝙇𝙖𝙣𝙘𝙚𝙪𝙧 𝙙’𝙖𝙡𝙚𝙧𝙩𝙚
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