Mamadou Mota, l’actuel vice-président du MRC face à la recrudescence des feminicides au Cameroun voudrait la mise en place d’un cadre juridique pour des sanctions fortes face à des personnes coupables de cet acte.
« Au Cameroun, aujourd’hui, une femme qui meurt sous les coups d’un conjoint ou les assauts d’un prédateur n’est plus un drame : c’est une statistique que l’on classe, un fait divers que l’on consomme entre deux gorgées de bière, dans une normalité glacée qui est le véritable crime de notre siècle. On nous parle de tradition ? Je n’y vois que de la barbarie. On nous parle de passion ? Je n’y vois que de la pathologie. La femme camerounaise n’est pas, et ne sera jamais, un animal de sacrifice sur l’autel d’une virilité en déroute ou d’une insécurité galopante. Assassinées dans l’intimité de leur foyer, là où elles devraient être reines.- Kidnappées sur les chemins de l’école ou du marché.- Violées dans un silence assourdissant, sous le regard détourné d’une société qui préfère juger la longueur d’une jupe plutôt que la main qui tient le couteau. Je pose la question : où est l’État ? Où est la Loi quand elle ne protège plus la vie ? Protéger la femme, ce n’est pas faire preuve de galanterie, c’est faire preuve de civilisation. Un pays qui laisse ses filles se faire égorger dans l’impunité n’est pas un pays en développement, c’est un pays en décomposition. Chaque féminicide est un aveu de faiblesse de notre justice. Chaque corps retrouvé est une balafre sur le visage de la nation. Nous ne demandons pas la charité, nous exigeons la sanction. Nous exigeons des cadres juridiques qui ne tremblent pas devant les « arrangements familiaux ». Le silence des victimes est le terreau des bourreaux. Mais le silence des autorités est leur complice »





