La réforme constitutionnelle adoptée le 4 avril 2026 par le Parlement camerounais continue de susciter une vague d’indignation.
Avec 205 voix pour et seulement 16 contre, le texte autorise désormais à Paul Biya à nommer un vice-président. Présentée par le pouvoir comme un moyen d’assurer une meilleure continuité de l’État, cette décision est vivement contestée par plusieurs figures de l’opposition et de la société politique.
De nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une manœuvre jugée dangereuse pour la démocratie. Pour Joshua Osih, député du SDF, cette réforme constitue une entorse grave aux principes fondamentaux : dans un système démocratique, le dirigeant appelé à exercer le pouvoir ne saurait être désigné sans passer par le suffrage universel. Dans la même dynamique, les parlementaires du SDF plaident pour un vice-président élu sur un ticket conjoint avec le président, garantissant un équilibre national entre les composantes anglophone et francophone du pays.
Mais la critique la plus virulente vient d’Issa Tchiroma Bakary. L’opposant, qui revendique toujours la victoire à la présidentielle de 2025, qualifie cette réforme de “violation des principes démocratiques” et de “dérive monarchique du pouvoir illégitime”. De son côté, Maurice Kamto parle sans détour d’un “coup d’État institutionnel et constitutionnel”, estimant que cette modification ouvre la voie à une confiscation durable du pouvoir.
Au-delà des déclarations politiques, cette réforme alimente les inquiétudes d’une large frange de l’opinion. Beaucoup y voient une stratégie visant à organiser la succession du président Paul Biya, âgé de 93 ans, sans véritable consultation populaire. Dans un contexte déjà marqué par des tensions politiques et sociales, la création de ce poste de vice-président apparaît pour ses détracteurs comme une tentative de verrouillage du système.





