La surveillance du Web camerounais vient de faire une nouvelle victime. Mengue Patrick, un internaute ordinaire, a été interpellé ce week-end par les autorités à la suite d’un commentaire posté sur les réseaux sociaux. Son tort ? Avoir réagi avec une ironie jugée subversive à l’annonce du décès de Marcel Niat Njifenji, l’ancien président du Sénat. Une affaire qui illustre le durcissement de la traque contre l’irrévérence numérique.
L’espace numérique camerounais n’est plus une zone franche. Ce samedi 25 avril 2026, l’arrestation de Mengue Patrick a confirmé que chaque mot pesé sur Facebook peut conduire derrière les barreaux. Selon les informations rapportées par le lanceur d’alerte N’zui Manto, le jeune homme a été « capturé par les autorités » après avoir commenté la disparition de la deuxième personnalité de l’État.
Onze mots sous haute surveillance
Le commentaire incriminé tient en une seule phrase, publiée sous le post annonçant le trépas de Marcel Niat Njifenji :
« Seigneur tu te rapproches déjà de la cible encore un effort stp ».
Pour les services de sécurité, cette formule dépasse le cadre de la simple opinion. Elle est interprétée comme une atteinte aux corps constitués ou une incitation à la haine. Depuis la loi de 2010 sur la cybercriminalité, les unités spécialisées ont affiné leur capacité de traçage, transformant les plateformes sociales en un terrain miné pour les voix critiques ou narquoises.
L’ombre de la cybersurveillance
Cette interpellation n’est pas un cas isolé, mais elle marque un tournant dans la réactivité des services de renseignement. Un proche de la victime déplore une mesure disproportionnée : « Mengue Patrick a été capturé suite à un commentaire effectué sous une publication ».
Dans un climat politique tendu, marqué par des réformes institutionnelles majeures, le pouvoir de Yaoundé semble vouloir faire de la « netiquette » un pilier de l’ordre public. Pour les abonnés de la blogosphère, le message est limpide : le temps de l’insolence impunie est révolu. Mengue Patrick, lui, attend désormais de savoir quel prix la justice camerounaise fixera pour sa « prière » numérique.





