La spécialiste en communication et Chef d’entreprise dans cette sortie s’insurge contre ceux qui exploitent la douleur du décès d’Anicet Ekane pour approvisionner leur propre visibilité.
« Anicet Ekane,
Que l’Histoire et le Cameroun te donnent enfin ta juste place : celle d’un héros de la nation.
Je regarde presque avec ironie le bal des vautours autour de ton deuil. Les voilà qui paradent devant les caméras, commandant des articles chez les marchands d’alertes et de mensonges, se faisant présenter comme tes intimes, comme des personnages influents dans le monde, presque providentiels. Exploiter une douleur aussi cruelle, dans des circonstances d’une inhumanité bouleversante, pour nourrir sa propre publicité : il n’est guère de spectacle plus obscène.
Lorsque nous cherchions désespérément les moyens de te soigner, lorsque chaque hospitalisation devenait un combat, où étaient-ils donc, ces “proches” si riches, si influents, si empressés aujourd’hui à s’inventer une proximité posthume ? Lorsque, en janvier et février 2024, tu étais au plus mal et que tu m’avais demandé de faire, une fois encore, ce que je pouvais pour trouver les moyens d’une évacuation sanitaire, où étaient-ils ?
Un héros mort est toujours plus fréquentable qu’un homme politique combattu vivant. Ils t’ont traité de traître. Ils ont voulu t’effacer, te salir, te briser. Tu leur as survécu par la seule force de tes convictions et par cette fidélité rare à tes idées que tant d’autres troquent au gré des intérêts.
La mort n’efface ni les fidélités profondes, ni les longues fraternités. Tu m’as protégée de ton vivant. Tu m’as guidée, conseillée, accompagnée.
Trente années d’amitié.
Trente années de fraternité.
J’ai pris la décision douloureuse de ne pas assister à des obsèques devenues conflictuelles et si éloignées de ce que toi-même tu aurais souhaité.
Mais au moment du grand départ, je serai avec toi en pensée, en silence et en communion de cœur.
Rien ne meurt jamais.
Tout demeure vivant autrement.
Tu es simplement passé de l’autre côté du chemin, Anicet.
Avec mon éternel amour ».





