Le gouvernement camerounais a officiellement lancé la Société Camerounaise d’Électricité (SOCADEL), succédant à ENEO suite au rachat des parts d’Actis. Cette réforme stratégique, actée par les décrets présidentiels du 4 mai 2026, ambitionne de restaurer l’autorité publique, d’assainir les finances du secteur et de moderniser durablement la qualité du service électrique pour l’ensemble des usagers.
Le passage à la SOCADEL marque une étape décisive dans la gestion énergétique nationale. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a souligné que ce changement répond à des défis structurels majeurs : un déficit financier chronique, des pertes techniques et commerciales élevées, ainsi qu’un faible niveau d’investissement dans les réseaux de distribution. Pour y remédier, un plan de restructuration est déjà déployé pour la période 2026-2028, avec pour priorités le refinancement de la dette et l’amélioration du recouvrement des recettes.
La lutte contre les irrégularités constitue le premier chantier de cette nouvelle entité. Les chiffres sont éloquents : près de 3 000 cas de fraude ont été identifiés en seulement trois semaines à Yaoundé et Douala. Afin de mettre fin aux raccordements illégaux, une Brigade nationale de lutte contre la fraude sera opérationnelle prochainement.
Parallèlement à cette répression, le gouvernement place la modernisation des infrastructures et la qualité de la relation client au cœur de son cahier des charges. En remplaçant ENEO, l’État camerounais mise sur la SOCADEL pour bâtir un secteur électrique financièrement équilibré, capable de répondre, enfin, aux besoins croissants de l’économie nationale et des populations.





