Face à la recrudescence inquiétante des violences faites aux femmes et aux enfants, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique a exhorté, ce 3 juin 2026 à Yaoundé, les jeunes Camerounais à se muer en sentinelles citoyennes. Un appel pressant à la responsabilité collective pour endiguer ces dérives qui menacent les fondements du vivre-ensemble national.
Le constat est amer et l’alerte, solennelle. Ce mercredi 3 juin 2026, à l’amphithéâtre Emmanuel David de l’Université Protestante d’Afrique Centrale (UPAC), Mounouna Foutsou a brisé le silence face à une actualité sociale devenue insoutenable. À l’occasion de l’ouverture de la 2e édition du Programme de Formation et de Réarmement Moral, Civique et Entrepreneurial, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique a placé la protection des couches vulnérables au cœur des préoccupations nationales.
« Lorsque la maison brûle… »
Au-delà du cadre académique, le membre du gouvernement a interpellé la conscience collective. Déplorant « des actes inqualifiables » qui heurtent la dignité humaine, il a pointé du doigt la recrudescence des féminicides et des violences commises à l’encontre des enfants. Pour le ministre, ces phénomènes ne sont pas de simples faits divers, mais des menaces directes sur la cohésion sociale du Cameroun.
Pour inverser la tendance, Mounouna Foutsou mise sur une jeunesse proactive. Il a ainsi invité les étudiants et les jeunes en général à devenir des ambassadeurs de la paix et de la protection des plus fragiles. « Je vous exhorte à vous engager comme médiateurs communautaires, volontaires ou sentinelles citoyennes au sein de vos familles, de vos campus et de vos quartiers », a-t-il déclaré.
Une responsabilité partagée
La méthode préconisée est celle de la vigilance active. L’appel ministériel est clair : la dénonciation de toute forme d’abus ou de maltraitance doit devenir un réflexe. En citant la sagesse africaine, « lorsque la maison brûle, chacun doit apporter sa part d’eau pour éteindre le feu », le ministre a rappelé que la sécurité des femmes et des enfants ne saurait être la seule responsabilité des pouvoirs publics.
L’objectif final est ambitieux mais nécessaire : bâtir une société où chaque citoyen, quel que soit son âge ou son genre, peut évoluer en toute sécurité, dans le respect strict de ses droits. Reste désormais à savoir si cet énième appel à la responsabilité civile sera suivi d’une appropriation réelle sur le terrain par une jeunesse camerounaise en quête de repères solides.





