Alors que la 6e édition du Mois camerounais de l’enfance s’ouvre, le gouvernement sonne la mobilisation générale. Entre violences accrues et abus multiformes, l’urgence est à la protection de la jeunesse, pilier indispensable d’un développement durable et inclusif pour le pays.
Yaoundé, capitale du Cameroun. Dans les salles feutrées du ministère des Affaires sociales, l’heure n’est plus aux simples discours protocolaires. Ce mercredi, le lancement officiel de la 6e édition du Mois camerounais de l’enfance a pris des allures de véritable plaidoyer pour la survie des générations futures. Sous le thème « Promouvoir les droits de l’enfant au Cameroun : une exigence pour un développement inclusif durable », les autorités nationales, accompagnées de leurs partenaires, ont réitéré leur engagement à sanctuariser l’avenir des plus vulnérables.
La ministre des Affaires sociales, Pauline Irène Nguene, n’a pas caché la gravité de la situation lors de son allocution d’ouverture. Avec une franchise qui tranche avec l’habituel langage administratif, elle a dépeint un tableau sombre : une recrudescence inquiétante des violences, des cas d’infanticides et des abus de toutes natures qui viennent briser les vies innocentes à travers le territoire national. Pour le gouvernement, ces dérives ne sont pas seulement des faits divers isolés, mais des menaces directes à la cohésion sociale et au socle moral du pays.
Cette initiative annuelle ne se veut pas qu’une simple parenthèse commémorative. Elle se déploie comme une opération de terrain, misant sur la sensibilisation massive, l’éducation civique et une mobilisation communautaire renforcée. L’objectif est limpide : sortir du cadre législatif pour atteindre les foyers, les quartiers et les villages, là où le droit de l’enfant doit cesser d’être un slogan pour devenir une réalité quotidienne.
Au-delà de cette mobilisation ponctuelle, le défi reste immense. La protection de l’enfance au Cameroun ne pourra être garantie par le seul volontarisme étatique. Elle exige une veille citoyenne permanente et une responsabilité partagée entre les familles, l’école et les structures sociales. Car, au fond, c’est bien la capacité du Cameroun à protéger ses enfants aujourd’hui qui déterminera la qualité de son développement demain. Le gouvernement semble l’avoir compris, et il appartient désormais à chaque acteur de la société de transformer cette prise de conscience en acte concret.





