Téléphones non dédouanés : Le gouvernement exige le blocage immédiat par les opérateurs

Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a adressé une mise en demeure aux opérateurs de téléphonie mobile. Il exige l’application effective du blocage des téléphones importés frauduleusement et non répertoriés sur la plateforme de suivi des douanes. Une décision prise au nom de la sécurité nationale et de la lutte contre la contrebande, qui place les opérateurs face à leurs responsabilités fiscales.

La patience du ministère des Finances a atteint ses limites. Près de deux semaines après la date butoir initialement fixée pour la phase pilote de cette réforme, Louis Paul Motaze a décidé de hausser le ton. Dans une lettre officielle, le MINFI somme les opérateurs MTN et Orange de mettre en œuvre, sans délai, les conclusions de la réunion de concertation du 22 mai dernier.

Une exigence de conformité fiscale

Au cœur de ce bras de fer : le blocage systématique des codes IMEI des terminaux importés frauduleusement. Le ministre est formel : laisser un terminal non dédouané accéder au réseau local engage désormais directement la responsabilité fiscale de la société de téléphonie concernée. Cette injonction s’appuie sur la décision conjointe MINFI/MINPOSTEL du 25 mars 2026, visant à assainir un marché marqué par une multiplication des importations illégales.

Pour le gouvernement, l’enjeu est double. Il s’agit d’abord de préserver les recettes douanières, dont le manque à gagner se chiffre en dizaines de milliards de francs CFA. Mais au-delà de l’aspect économique, l’exécutif invoque impérativement la sécurité nationale, les téléphones importés illégalement échappant à tout contrôle et traçabilité.

L’impasse technico-juridique

Pourtant, sur le terrain, l’application de cette mesure reste complexe. Depuis le 25 mai, date théorique de lancement, les opérateurs semblent réticents. Officieusement, ils évoquent un flou juridique et des risques opérationnels majeurs. Bloquer des centaines de milliers d’appareils, c’est aussi risquer une fracture numérique et un mécontentement social que les opérateurs, soucieux de leur image, redoutent.

Après l’échec d’une précédente tentative en 2020, l’État joue gros. En s’appuyant sur l’article 6 de la loi de finances 2023, le gouvernement tente de faire entrer cette réforme dans les mœurs, malgré un taux de dédouanement fixé à 33,33 % qui reste un sujet de débat.

Vers une épreuve de force ?

Le ton employé par Louis Paul Motaze marque un tournant. En exigeant la mise en œuvre « urgente et complète » des mesures, le ministre ne laisse plus place à l’ambiguïté. Si les opérateurs restent inflexibles, le gouvernement semble prêt à engager une épreuve de force inédite.

Désormais, la balle est dans le camp des directions générales de MTN et Orange. Entre impératifs fiscaux de l’État et réalités économiques du marché, le bras de fer est engagé. Les abonnés, quant à eux, retiennent leur souffle, dans l’attente de savoir si leurs terminaux seront concernés par ces restrictions techniques.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie: ,

Le 13 juillet 2026, l’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary a annoncé le dépôt de deux plaintes pénales en Suisse concernant la répression des manifestations post-électorales

Le recours aux injections de produits de comblement corporel par des influenceuses, sans formation médicale, suscite une vive controverse au Cameroun. Si le débat sur

Invité de l’émission « Libre Expression » ce dimanche, Valère Bessala a vivement critiqué la gestion du navire de liquéfaction Hilli Episeyo. Alors que ce

Alors que les délestages électriques rythment le quotidien des Camerounais, la gestion des structures étatiques fait l’objet de vives critiques. Invitée au « Club d’Élites

Dans la nuit du 11 au 12 juillet 2026, une collision maritime a perturbé les activités du Port de Douala-Bonabéri. Le choc, survenu entre les

Ce dimanche, les autorités administratives de Yaoundé 5 ont débuté l’apposition des scellés sur plusieurs lieux de culte non autorisés. Pilotée par le ministère de