Huit mois après avoir juré de ne plus se raser jusqu’au remaniement du gouvernement, le journaliste Souley Onohiolo rend les armes. Faute de mouvement au sommet de l’État, le grand reporter a annoncé pour ce vendredi 3 juillet 2026 la cérémonie officielle de « Tomber la barbe » à Yaoundé, marquant la fin d’une singulière épopée citoyenne devenue un symbole de résistance politique.
Le pari était audacieux, presque irréel : ne plus toucher à sa barbe ni à ses cheveux tant que le gouvernement, en place depuis 2019, ne serait pas remanié suite à la réélection du chef de l’État en octobre 2025. Huit mois plus tard, la « forêt » capillaire du journaliste émérite s’apprête à tomber, non pas par victoire politique, mais par lassitude face à l’immobilité des lignes gouvernementales.
Une cérémonie sous haute surveillance médiatique
Comme l’indique le communiqué officiel du comité d’organisation, cette « opération Tomber la barbe » se tiendra ce vendredi 3 juillet à midi, au centre de beauté BOTANIK’S, situé au quartier Essos à Yaoundé. L’événement, placé sous le haut patronage de Dieudonné Mveng Balla, promoteur de la chaîne Info TV, se veut une rencontre inédite rassemblant le gotha des médias nationaux et internationaux.
Plus qu’une coupe, un symbole
Loin de n’être qu’un simple rendez-vous chez le barbier, cette cérémonie clôt huit mois d’une révolte silencieuse que ses proches qualifient de « combat républicain ». Pour le comité d’organisation, ce geste était une manière de marquer son engagement citoyen et sa volonté d’impacter la société.
En décidant de se raser, Souley Onohiolo tourne la page d’un pari qui aura tenu en haleine une partie de l’opinion, illustrant, à travers sa propre image, l’attente prolongée d’un changement qui, pour l’heure, demeure au point mort. C’est le rideau qui tombe sur une forme de protestation originale, laissant le paysage politique camerounais toujours aussi figé.





