Le climat est électrique autour de la gestion du football camerounais. Le banquier Hervé Emmanuel Nkom a vertement recadré le politologue Mathias Éric Owona Nguini, coutumier des attaques virulentes contre Samuel Eto’o. Entre critiques acerbes sur la gestion de la FECAFOOT et passes d’armes interpersonnelles, la controverse révèle une polarisation croissante du débat public, désormais confisqué par des joutes verbales sans concession.
Le monde du football camerounais, déjà fragilisé, se transforme en arène politique. Depuis plusieurs semaines, Mathias Éric Owona Nguini a fait de la gestion de la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) son cheval de bataille. Sur les plateaux de télévision, le politologue multiplie les sorties incendiaires, allant jusqu’à qualifier le président de l’instance faîtière, Samuel Eto’o, de « cancer » du football national. Une rhétorique qui, loin de passer inaperçue, a fini par provoquer une riposte musclée.
Le recadrage de Nkom
Hervé Emmanuel Nkom, figure influente et banquier, est monté au créneau pour défendre le bilan et la stature de l’ex-capitaine des Lions indomptables. Avec un sens de la formule qui lui est propre, il a remis en cause la légitimité du professeur Owona Nguini dans ce débat : « Il n’est connu que dans son quartier et tous les dimanches, lorsqu’il va à la télévision pour bavarder. Le débat public est pris en otage par les aboyeurs », a-t-il assené.
Cette sortie illustre la fracture profonde entre les partisans du président de la FECAFOOT et ses contempteurs. Pour ses soutiens, Samuel Eto’o incarne une volonté de réforme nécessaire, tandis que ses détracteurs, à l’instar du professeur Owona Nguini, voient en lui le principal responsable de l’instabilité chronique qui secoue les stades.
Un débat en quête de hauteur
Au-delà de l’invective, cet échange souligne la dérive du débat public au Cameroun. Les critiques, parfois techniques et légitimes sur la gouvernance sportive, sont désormais noyées sous le poids des attaques ad hominem.
Alors que le football camerounais a besoin de sérénité pour retrouver son lustre d’antan, cette polémique stérile entre personnalités publiques semble davantage servir les agendas personnels que l’intérêt général. À force de privilégier l’invective à l’analyse, les acteurs de ce feuilleton médiatique risquent surtout d’épuiser une opinion publique lassée par ces règlements de comptes permanents au sommet de l’État et des institutions.





