L’épisode du faux décret diffusé à la CRTV continue de susciter des interrogations majeures au sein de l’opinion. Pour le politologue Stéphane Menouga, intervenant ce dimanche sur le plateau de Canal Presse, cette manipulation ne serait qu’un écran de fumée destiné à occulter un document officiel bien plus sensible. Selon lui, le document qui circule actuellement avec un nom spécifique pourrait être une pièce fabriquée de toutes pièces afin de masquer l’identité du véritable bénéficiaire d’une nomination, potentiellement prévue dans un décret authentique dissimulé au public.
Au-delà de la supercherie, c’est désormais la parole présidentielle et la solennité des actes administratifs qui se retrouvent durablement fragilisées. En parvenant à faire diffuser un document non officiel par le média d’État, les auteurs de cette manœuvre ont ouvert une boîte de Pandore. Comme le souligne Stéphane Menouga, le doute est désormais ancré : même lorsque le président de la République signera le prochain remaniement ministériel, la suspicion restera latente. Désormais, le sceau de la présidence de la République semble avoir perdu de son caractère sacré au point que, même une lecture officielle par le Secrétaire général de la présidence ou le Directeur du cabinet civil, pourrait être interprétée comme une possible falsification.
Cet incident révèle une vulnérabilité inquiétante dans la chaîne de transmission de l’information officielle. Si l’institution présidentielle ne parvient plus à garantir l’authenticité de ses propres actes, c’est la confiance des citoyens dans le fonctionnement de l’État qui est en jeu. En voulant jouer avec les symboles du pouvoir, les instigateurs de cette supercherie ont réussi l’exploit de discréditer, par avance, le prochain acte officiel de la République. Dans ce contexte, la transparence devient une urgence absolue pour restaurer une crédibilité institutionnelle aujourd’hui sévèrement écornée.





