Affaire Martinez Zogo : Le colonel Otoulou bousculé à la barre par les zones d’ombre de l’enquête

Audience marathon ce 4 août 2026 dans le procès de l’assassinat de Martinez Zogo. À la barre, le colonel Otoulou a fait face au feu roulant des avocats de la défense, accumulant les aveux embarrassants, les zones d’ombre et les contradictions sur la méthode d’enquête et les conditions des interpellations.

La vérité judiciaire cherche laborieusement ses repères dans l’affaire de l’assassinat de Martinez Zogo. L’audience de ce mardi 4 août a offert un tournant pour le moins mouvementé lors du cross-examination du colonel Otoulou, mis à rude épreuve par les conseils de Justin Danwé et d’Amougou Belinga.

Interrogé sur les liens présumés entre les principaux accusés, l’officier a concédé qu’aucun message explicite de planification du crime n’avait été découvert dans les téléphones. Il s’est retranché derrière une « intensité suspecte » des communications et une rupture brusque des échanges, tout en admettant ignorer si l’expert Bell Bitchoka était parvenu à récupérer des données supprimées.

Au-delà du contenu des communications, c’est toute la méthodologie de l’enquête qui a vacillé sous les questions de la défense. Le colonel Otoulou a reconnu des défaillances notables : la scène de crime initiale n’a pas été sécurisée ni passée au peigne fin pour des relevés d’empreintes, tandis que le second téléphone de la victime reste introuvable, l’enquêteur lâchant simplement l’avoir « peut-être oublié ».

Les conditions des interpellations ont également nourri les débats. Entre un mandat de perquisition inexistant, une convocation introuvable dans le dossier judiciaire, un déploiement disproportionné de plus de 200 gendarmes et les dérives constatées au domicile d’Amougou Belinga (portes fracturées, intrusion de la troupe), la défense a méthodiquement démonté la régularité de la procédure.

Entre approximations procédurales, aveux de négligence et gestion cavalière des pièces à conviction, cette comparution jette un trouble persistant sur la rigueur de l’instruction préliminaire, promettant des joutes juridiques encore plus explosives pour la suite des débats.

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