Abel Elimbi Lobè se livre en direct à la télévision : « Oui, je suis trib@liste les gens qui ont cette impression ne se trompent pas »

Dimanche dernier, sur le plateau de l’émission « Libre Expression » diffusée sur Infos TV, Abel Elimbi Lobè a fait des déclarations qui ont provoqué une onde de choc au sein de l’opinion publique camerounaise.

À 57 ans, cet homme politique né en pays Sawa dans le littoral a ouvertement avoué être tribaliste, une confession qui, pour beaucoup d’observateurs, n’a rien de surprenant au regard de ses prises de position précédentes.

Au cours de l’émission, le présentateur Parfait Ayissi a posé une question délicate à son invité : « Est-ce que Abel Elimbi Lobè est tribaliste ? » La réponse d’Elimbi Lobè a été limpide : « Oui, je suis tribaliste, les gens qui ont cette impression ne se trompent pas… » a-t-il affirmé, de manière péremptoire.

Le leader de la plate-forme Kawtal a poursuivi en expliquant que son objectif est que chaque groupe ethnique constitutif de la Nation camerounaise puisse avoir sa place, car dit-il, « personne ne doit prendre la place de l’autre ».

L’ancien cadre du Social Democratic Front (SDF) déplore le fait que certains groupes viennent «prendre les sièges de député dans le littoral » ou organisent des « razzias foncières » pour priver les enfants du littoral de leur terre légitime.

Elimbi Lobè note par ailleurs que l’Ouest du pays dispose de 25 sièges de députés, tout en faisant remarquer que les ressortissants de cette région occupent un nombre disproportionné de ces sièges « 34 au total à l’Assemblée Nationale », selon ses dires.

L’ancien conseiller municipal dénoncé également le fait que, sur les 19 sièges de députés dans le Littoral, 8 soient occupés par des ressortissants de l’Ouest, et que sur les 10 sièges de sénateurs, 2 soient également attribués à cette même région. « Pour que le vivre ensemble ait un sens, que chacun apprenne à rester chez lui », a-t-il tranché.

Cette sortie d’Elimbi Lobè cristallise les critiques. Son discours clivant stigmatisant les ressortissants d’autres régions peut alimenter un sentiment de division au sein de la société camerounaise.

Un camerounais doit pouvoir vivre, travailler et investir dans n’importe quelle région du pays, sans être entravé par des considérations ethniques. Les déclarations d’Abel Elimbi Lobè sont donc perçues comme une incitation à la zizanie, risquant d’exacerber les tensions intercommunautaires déjà présentes.

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