Plus de 41 jours après le départ de Paul Biya pour l’Europe, la maire de Foumban et présidente de l’UDC, Tomaino Ndam Njoya, monte au créneau. Elle exige des clarifications sur la continuité de l’État et réclame la mise en œuvre effective du poste de vice-président pour parer à toute crise institutionnelle.
Le silence prolonge l’incertitude au sommet de l’État. Alors que le chef de l’État a quitté le Cameroun le 7 juin dernier pour un séjour privé en Europe, son absence dépasse désormais la barre des quarante jours sans explication officielle définitive, en dépit des assurances livrées le 18 juin dernier par le ministre de la Communication quant à un retour « dans les meilleurs délais ».
Face à ce vide, Tomaino Ndam Njoya a choisi de placer le débat sur le terrain strictement républicain. Dans une déclaration publique, la présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC) a écarté toute velléité de céder à la spéculation ou d’alimenter les rumeurs. Elle avertit toutefois sans ambages qu’une absence prolongée du territoire national soulève une question légitime : celle de la continuité de l’action publique et de l’exercice effectif des responsabilités suprêmes.
Pour l’élue, la révision constitutionnelle du 14 avril 2026 – qui a réintroduit le poste de vice-président de la République – a redessiné l’architecture de la continuité au sommet de l’État. Elle estime dès lors impératif de rendre ce dispositif pleinement opérationnel à travers la nomination d’un vice-président. Sa démarche formule plusieurs exigences concrètes :
- L’établissement de règles et de délais clairs encadrant les absences prolongées du président.
- La garantie d’une information régulière de la nation et du Parlement.
- La mise en place d’une procédure transparente et impartiale permettant de constater un empêchement temporaire ou définitif.
« L’objectif n’est pas de transformer une absence en crise politique, mais d’éviter qu’une insuffisance de nos mécanismes constitutionnels ne devienne demain une crise institutionnelle », résume l’opposante, tout en invitant les autorités compétentes et les forces vives de la nation à consolider le cadre juridique national.
À l’heure où les interrogations se multiplient au sein de l’opinion publique, la sortie de la mairesse de Foumban rappelle une exigence démocratique incontournable : anticiper les zones d’ombre institutionnelles pour préserver durablement la stabilité de la République.





