Anicet Ekane invite le président Biya à se libérer du joug de la France suite à la reconnaissance officielle de la guerre coloniale.
La France a reconnu officiellement, via une lettre adressée au présidentPaul Biya, avoir mené une guerre coloniale contre le Cameroun. Le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), par la voix de son président Anicet Ekane, a publié une déclaration sur ce sijet, appelant le président Biya à rompre avec cette tutelle néocoloniale qui, selon lui, continue de peser sur le destin du pays.
Anicet Ekane précise que cette reconnaissance faite par le président français Emmanuel Macron « ne ferme pas toutes les portes aux revendications » des Camerounais. L’homme politique déplore que, malgré cette admission, ni Paris ni Yaoundé ne prennent d’engagements concrets pour régler « le problème politique central » : l’indépendance réelle du Cameroun. Selon lui, la reconnaissance de la guerre coloniale n’est qu’une étape, mais ne suffit pas à remédier à un système qui, depuis des décennies, empêche le pays de suivre sa propre voie.
« M. Macron vient ce jour-même de reconnaître que la France a mené « une guerre » contre les patriotes kamerunais, quoiqu’il n’aille pas plus loin dans son acte de reconnaissance, car il omet de conclure que ce conflit avait pour but central de bloquer l’indépendance réelle du Cameroun », a déclaré Anicet Ekane. Il voit dans cette déclaration un signe que la France, tout comme le pouvoir en place à Yaoundé, cherche à maintenir un « système mortifère » qui continue de dévoyer le destin national.
Bien plus, le président du Manidem n’a pas manqué de critiquer la position des responsables français et camerounais, qu’il accuse de vouloir simplement poursuivre une politique néocoloniale. « Il s’agit clairement pour eux de trouver un moyen de continuer la politique néocoloniale contre laquelle l’Union des populations du Cameroun (UPC) a toujours organisé la riposte populaire », a-t-il affirmé. Pour Ekane, le combat pour une véritable indépendance doit continuer et se renforcer, malgré ces déclarations.
Anicet Ekane « appelle solennellement le président Biya à renoncer réellement à assujettir le Cameroun au profit de l’étranger, particulièrement la France. » Il insiste sur la nécessité pour le pays de prendre son destin en main, en rompant avec la tutelle coloniale, afin d’assurer une véritable souveraineté et de bâtir un avenir libre de toute ingérence étrangère.





