Baloum : Un jeune artisan brûlé vif, le chef du village en cavale

L’horreur a frappé le village de Baloum, dans la région de l’Ouest. Un jeune artisan, accusé de vol, a été immolé par le feu par une foule déchaînée. La diffusion d’une vidéo insoutenable sur les réseaux sociaux a déclenché une onde de choc nationale, poussant les autorités à lancer une traque contre le chef du village, suspecté d’implication directe dans ce supplice.

Le calvaire de Steve, la vingtaine, s’est joué dans une violence inouïe. Soupçonné du vol de quelques tôles, le jeune artisan a été capturé, ligoté et traîné jusqu’à la chefferie traditionnelle par une foule aveuglée par la colère. Malgré ses supplications et ses appels à l’aide, sa mise à mort a été orchestrée avec une cruauté extrême : enfermé dans des pneus imbibés d’essence, il a été brûlé vif devant des témoins passifs.

Une vidéo accablante

La découverte de cet acte barbare a été rendue possible par une vidéo devenue virale, capturant les derniers instants de la victime. Sur ces images, une voix, identifiée par de nombreux témoignages comme étant celle du chef du village, intime au jeune homme de faire sa « dernière prière ». Si certaines versions tentent de nuancer sa présence ou son rôle exact, la charge émotionnelle et les éléments visuels ont suffi à déclencher l’indignation générale.

La justice en marche

Face à ce déni total de l’État de droit, la famille de la victime a brisé le silence en déposant une plainte formelle. La gendarmerie nationale est désormais aux trousses du chef traditionnel. Alors que le mis en cause demeure introuvable, ce drame remet brutalement en lumière la montée inquiétante de la justice populaire dans nos communautés.

Au-delà de l’enquête en cours, cet assassinat soulève une question fondamentale sur l’autorité des gardiens de la tradition face au respect des lois de la République. Le Cameroun attend désormais que la lumière soit faite et que les responsables de cette barbarie répondent de leurs actes devant les tribunaux, pour que le village de Baloum ne reste pas le symbole d’une justice tombée aux mains de la foule.

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