Le sacre historique des Lionnes Indomptables à la CAN féminine Maroc 2026, bien qu’il soit une fierté nationale, continue de cristalliser des tensions institutionnelles. Dans un récent échange épistolaire, la Fédération camerounaise de football (FECAFOOT) a sollicité une audience auprès du ministre des Sports pour présenter le trophée. Une démarche qui s’est heurtée à une fin de non-recevoir de la tutelle, invoquant les usages républicains.
La vie du football camerounais est rythmée par ces épisodes où le protocole semble prendre le pas sur la célébration sportive. Le 18 août dernier, la FECAFOOT, par la voix de son président, a officiellement sollicité une rencontre avec le professeur Narcisse Mouelle Kombi. L’objectif affiché était simple : présenter aux autorités le trophée continental fraîchement conquis par nos championnes, un acte symbolique fort pour le rayonnement du sport national.
Cependant, la réponse du ministère des Sports, parvenue dès le lendemain, a rapidement recadré cette intention. Le ministre a tenu à rappeler que la réception des Lionnes Indomptables et la présentation du trophée relèvent de la prérogative exclusive du Président de la République. S’appuyant sur les « traditions républicaines », la tutelle souligne que c’est au Chef de l’État, garant des institutions, qu’il appartient de définir les modalités de cette reconnaissance solennelle, conformément à « Sa Très Haute Convenance ».
Ce nouvel échange, qui illustre une divergence de lecture sur la conduite des affaires protocolaires, n’est pas sans rappeler les défis relationnels qui marquent, depuis quelque temps, le paysage du sport-roi au Cameroun. Si chaque partie semble vouloir agir dans le respect des prérogatives qui lui sont dévolues, force est de constater que la fluidité du dialogue peine à s’installer.
Alors que les Lionnes Indomptables, auréolées de leur titre de championnes d’Afrique, attendent légitimement d’être honorées par la Nation, le regard des observateurs se tourne désormais vers le Palais de l’Unité. En cette période où l’unité nationale doit primer, il est à espérer que les querelles administratives laissent place, au plus vite, à la célébration méritée de nos ambassadrices. L’intérêt supérieur du football camerounais, au-delà des postures, exige en effet que l’union sacrée autour de nos championnes demeure la seule priorité.





