Le Pr Charlemagne Pascal Messanga Nyamding lors de son passage sur Vision 4 dans le cadre de l’émission dominicale Club d’Elites est revenu sur les différents aspects de cette actualité brulante au Sénégal.
« Je suis embêté par ce qui se passe au Sénégal pour deux raisons. D’abord parce qu’on peut se demander si, parfois, les opposants qui accèdent au pouvoir prennent réellement conscience de l’espoir et de la confiance que les populations placent en eux. Alors, on se rend compte que certains s’amusent ainsi avec les populations. Deuxièmement, il faut aussi dire que l’Afrique fait honte sur certains aspects, parce qu’il s’agit souvent d’un problème de frivolité politique et d’un héritage mental colonial.
Regardez ce qui se passe au Sénégal. Cela s’est produit exactement de la même manière en Russie. Lorsque M. Boris Eltsine, il y a une quinzaine d’années, arrivait en fin de mandat, il a confié la présidence de la République à Dimitri Medvedev. Medvedev est devenu président, tandis que Vladimir Poutine devenait Premier ministre. Et là, lorsqu’on observe la presse occidentale, certaines radios et télévisions transforment cela en une question raciale, donnant l’impression qu’on ne peut pas faire confiance aux Noirs, que les Noirs seraient particuliers ou mauvais. Pourtant, pour ceux qui nous écoutent, il faut rappeler qu’il y a déjà eu ce type d’arrangement ailleurs.
Parce que lorsque des obstacles ont été dressés contre la candidature d’Ousmane Sonko, il restait néanmoins libre. Je me rappelle encore de ce congrès et de ce rassemblement du pastef où les militants sénégalais soutenaient massivement Ousmane Sonko. Ils disaient même : « Même si on nous demande de soutenir un chien, nous le soutiendrons afin d’amener cette personne à rendre ensuite le pouvoir à Sonko.
Aujourd’hui, vous verrez certains Africains lancer des débats institutionnels : « La fonction présidentielle est sacrée », « le pouvoir ne se partage pas », « lorsqu’on détient le pouvoir… ». Mais, en réalité, ils ne comprennent pas qu’il existe une spécificité dans cette affaire. Dans les archives et dans l’histoire, Bassirou Diomaye Faye s’était engagé, s’il accédait au pouvoir, à le remettre ensuite à Ousmane Sonko. Ce n’était pas un contrat aveugle ou implicite. C’étaient des accords clairs. Il faut que les Africains apprennent à tenir parole ».





