Plus de quarante jours après le départ de Paul Biya pour l’Europe, le député Jean Michel Nintcheu monte au créneau. L’élu réclame du Conseil constitutionnel qu’il constate la vacance au sommet de l’État, pointant du doigt un flou juridique persistant et l’absence de nomination d’un vice-président.
La pression monte d’un cran autour de la situation institutionnelle au Cameroun. Dans une sortie remarquée publiée sur les réseaux sociaux, le député Jean Michel Nintcheu a officiellement interpellé l’opinion publique pour exiger que le Conseil constitutionnel se saisisse sans délai du dossier d’Etoudi. Une telle démarche intervient alors que le chef de l’État, parti le 7 juin dernier pour ce que la présidence a présenté comme un séjour privé en Europe, brille par son invisibilité depuis plus de quarante jours, sans qu’aucune date de retour officielle n’ait été communiquée.
Cette absence prolongée alimente de nombreuses spéculations, exacerbées par des informations non officielles et des remous au sein de la sphère familiale présidentielle. Si le gouvernement, par la voix du ministre de la Communication René Emmanuel Sadi, a balayé d’un revers de main les rumeurs d’hospitalisation en promettant un retour rapide, la promesse n’a toujours pas été matérialisée. Sur le plan juridique, la donne est devenue particulièrement complexe. La révision constitutionnelle promulguée le 14 avril 2026 a pourtant institué un poste de vice-président, chargé d’assurer l’intérim automatique en cas de vacance.
Cependant, plus de trois mois après cette modification majeure, aucun vice-président n’a été nommé. En cas de constatation d’une vacance du pouvoir, la transition écherait par défaut au président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye. Un scénario qui se heurte toutefois à une faille réglementaire majeure : aucun texte de loi ne précise clairement qui possède la prérogative légale de saisir le Conseil constitutionnel pour déclencher cette procédure d’urgence.
Alors que les appels à la transparence se multiplient au sein de la classe politique, cette nouvelle sortie de l’opposition rappelle l’impérieuse nécessité de clarifier les règles du jeu républicain afin de prémunir le pays contre toute instabilité institutionnelle imprévue.





