De retour à Yaoundé après plus de deux mois passés en Suisse pour, selon Jeune Afrique, une intervention chirurgicale du genou, le président Paul Biya, âgé de 93 ans, retrouve un pays en plein doute. Entre retards institutionnels, scandales financiers et luttes féroces pour la succession autour du poste de vice-président, les défis politiques s’annoncent cruciaux.
Parti de la capitale le 7 juin dernier pour un séjour officiel de nature privée en Europe, le chef de l’État camerounais a foulé le sol national le 20 août dernier, mettant fin à plus de 70 jours d’absence. Si le mystère entourait officiellement cet exil helvétique, des sources concordantes, notamment le magazine Jeune Afrique, révèlent que le nonagénaire a subi une délicate chirurgie orthopédique du genou dans une clinique genevoise. Apparu récemment debout pour saluer la sélection nationale de football victorieuse de la CAN féminine, le président semble avoir recouvré une partie de ses capacités physiques, malgré le mutisme persistant de la présidence sur son dossier médical.
Cette rentrée présidentielle intervient dans un climat national particulièrement lourd. De nombreuses voix, à l’instar d’observateurs et d’éditorialistes locaux, s’interrogent sur la concrétisation des urgences étatiques en suspens. Depuis l’élection présidentielle d’octobre 2025, la formation d’un nouveau gouvernement promise à plusieurs reprises se fait toujours attendre, sur fond de révélations sur des scandales liés à l’exploitation aurifère. De surcroît, la réintroduction en avril dernier du poste de vice-président de la République cristallise toutes les attentions, devenant le catalyseur d’une guerre de clans acharnée au sommet de l’État.
Selon des analyses concordantes de la presse internationale et locale, deux factions s’affrontent pour s’emparer de ce sésame successoriel : d’un côté, le clan rapproché de la première dame, et de l’autre, le « clan Bulu », réseau traditionnel attaché au souvenir de la première épouse et soutenant le fils aîné, Franck Biya. Ces joutes d’influence, menées en coulisses durant la convalescence européenne du chef de l’État, font redouter à certains observateurs une période d’instabilité majeure pour l’avenir institutionnel du pays.
Alors que le chef de l’exécutif tente de reprendre les dossiers de la nation, la capacité du régime à apaiser les crispations politiques et à clarifier sa trajectoire institutionnelle demeure le principal baromètre de cette séquence délicate. La gestion des mois à venir dira si le Cameroun saura naviguer sereinement vers ses prochaines échéances sans céder aux turbulences de la lutte pour le pouvoir.





