Une session de formation de cinq jours consacrée à la production, à la transformation et à la valorisation du lait et de ses dérivés s’est ouverte ce lundi, 8 juin 2026 à l’hôtel de ville d’Ebolowa 1er en présence des autorités administratives locales. L’initiative s’accompagne de la mise en service d’une unité industrielle pilote destinée à renforcer la filière laitière et à favoriser l’insertion socio-professionnelle des jeunes.
Le Cameroun ne manque ni de terres, ni de jeunes, ni de volonté. Pourtant, il importe chaque année près de 35 milliards de FCFA de produits laitiers. Cette dépendance n’est plus seulement un déséquilibre économique : elle est devenue une faiblesse stratégique.
Pendant que le pays consomme environ 630 000 tonnes de lait par an, sa production locale plafonne à 180 000 tonnes. Le constat est simple, presque brutal : nous produisons moins que ce que nous consommons, et nous finançons ailleurs ce que nous pourrions construire ici.

L’initiative portée par le Maire de la Commune d’Arrondissement d’Ebolowa 1er Emmanuel Joël Bitoumou surnommé « le maire sans frontières », ses partenaires SRL Nature Food de Belgique et TAB Sarl avec la mise en place d’une unité de transformation et la formation de jeunes, ouvre une voie différente. Elle montre qu’il est possible de commencer autrement : former, transformer, produire localement.
Selon les promoteurs, cette unité industrielle constitue une étape clé dans la construction d’une souveraineté alimentaire fondée sur la transformation locale des ressources. Le projet s’inscrit dans le cadre du plan national de développement de la filière laitière 2024–2035 et vise particulièrement l’autonomisation économique des jeunes.
Au total, une cinquantaine (50) de participants (hommes et femmes) sont formés aux techniques de transformation du lait en produits dérivés tels que yaourt, fromage, beurre et lait caillé. À l’issue de la formation, ils sont appelés à devenir des relais techniques et des porteurs d’initiatives dans leurs communautés, avec des perspectives d’emploi direct dans de futures unités de production.

Le projet repose sur un partenariat technique entre la société Belge SRL Nature Food et TAB Sarl. Leur collaboration, engagée depuis près de deux ans, vise à structurer une chaîne de valeur complète, de la formation à la production.
Pour le PDG de SRL Nature Food, Guy Bernes, le potentiel est réel. Il insiste sur la position stratégique d’Ebolowa, située entre Yaoundé et Kribi, deux pôles économiques majeurs, favorisant la distribution future des produits. Il a souligné le potentiel agro-industriel de la zone, notamment pour la production de fourrages à base de maïs ou de soya destinés à l’élevage laitier.
Dans l’immédiat, la production reposera sur la transformation de lait en poudre, disponible sur le marché, en attendant le développement d’un élevage laitier local. L’ambition est de diversifier les produits finis, incluant yaourts, crèmes dessert, fromages et glaces, en intégrant également des fruits locaux déshydratés ou frais comme l’ananas dans certaines préparations.

Pour les partenaires, notamment SRL Nature Food et TAB Sarl, ce projet constitue une base expérimentale appelée à évoluer vers une unité industrielle complète. TAB Sarl assure l’accompagnement logistique et technique des apprenants afin de garantir leur autonomie à l’issue de la formation et leur capacité à développer des micro-unités de production nous rassure le PDG Alex Tete.
À la Commune d’Arrondissement d’Ebolowa 1er, on boit du petit-lait, et il n’est pas exclu que, dans les prochains jours voire les prochaines semaines, cette denrée devienne bien plus qu’un simple produit alimentaire. Elle pourrait devenir un levier de développement, un outil de formation et, peut-être, le début d’une industrie locale appelée à grandir.





