Depuis la mi-juillet 2026, une résurgence du choléra frappe la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Avec près de 1 000 cas enregistrés et 28 décès provisoires, les autorités sanitaires intensifient la riposte face à une épidémie exacerbée par les intempéries et le manque d’assainissement.
Le fléau sanitaire est de retour dans les zones septentrionales du pays. Depuis le mois de juillet, le choléra sévit à nouveau dans l’Extrême-Nord du Cameroun, touchant particulièrement les districts de Fotokol, Mada, Makary et Kolofata. Selon un bilan provisoire dressé par les services sanitaires, environ 1 000 contaminations et 28 décès sont déjà à déplorer.
Sur le terrain, la situation pèse lourdement sur les structures médicales locales. À l’hôpital de district de Mora, les admissions se succèdent quasi quotidiennement depuis le début de la crise. Le Dr Nikem Ramsang Judith, médecin au centre de traitement du choléra, rapporte un flux régulier de patients touchant indifféremment les enfants, les femmes et les personnes âgées, illustrant la virulence de la propagation.
Cette recrudescence trouve ses racines dans des facteurs environnementaux récurrents. Le retour des pluies et les eaux de ruissellement remettent à la surface des matières fécales, exacerbant les risques liés à la pratique persistante de la défécation à l’air libre et aux difficultés d’accès à l’eau potable. Une dynamique transfrontalière préoccupante, le Nigeria voisin étant touché depuis mai et le Tchad voisin enregistrant quant à lui treize décès.
Face à cette menace, le ministère de la Santé publique déploie un dispositif d’urgence. Le Dr Céline Mairousgou Tchida, coordinatrice du Centre de prévention et de lutte contre les épidémies de l’Extrême-Nord, indique que la riposte s’articule autour d’une prise en charge accrue, de mesures préventives et du lancement imminent d’une campagne de vaccination ciblée. Sur le terrain, cet effort institutionnel est soutenu par l’engagement de mobilisateurs communautaires, comme Mayonwa Waytandi, dont le travail de sensibilisation vise à faire évoluer les habitudes d’hygiène des populations.
Alors que la saison des pluies bat son plein, l’endiguement de cette crise sanitaire dépendra autant de la promptitude des interventions médicales que de l’ancrage durable de comportements civiques rigoureux dans les zones touchées.




