Ebolowa 2e : quand le bilan résiste aux attaques

Réalisations, investissements et visibilité : pourquoi le maire André Thomas Bengon cristallise-t-il autant les critiques ?

À Ebolowa, le débat politique semble progressivement quitter le terrain des projets pour celui des procès d’intention. Depuis quelque temps, le maire d’Ebolowa 2e, André Thomas Bengon, fait l’objet de critiques portant aussi bien sur ses réalisations que sur son profil professionnel, son influence politique ou encore sa participation à certaines dynamiques de développement local. Mais derrière les accusations, les insinuations et les lectures politiques, une question mérite d’être posée : que reste-t-il lorsque l’on confronte les critiques au bilan concret de l’élu ? Car si André Thomas Bengon peut naturellement être soumis au débat contradictoire, son action municipale ne saurait être évaluée uniquement à travers les rumeurs de couloir ou les rivalités de positionnement.

Un maire dont la visibilité dérange ?

C’est peut-être l’un des paradoxes de la situation. Plus un élu est visible, plus ses actions sont exposées au regard public. Et plus son bilan devient identifiable, plus il peut devenir une cible pour ses adversaires. À Ebolowa 2e, André Thomas Bengon s’est précisément inscrit dans cette logique de visibilité. Communication institutionnelle, présence sur le terrain, suivi des projets et mise en avant des réalisations : le maire a choisi de rendre son action municipale perceptible. Ses détracteurs présentent cette visibilité comme la manifestation d’ambitions politiques plus larges. Mais une autre lecture est possible : et si cette visibilité était simplement la conséquence d’une volonté assumée de montrer ce qui est réalisé dans une commune ? En démocratie, l’ambition politique n’est pas en soi un délit. Ce qui compte demeure la capacité d’un responsable à produire des résultats et à répondre de son action devant les populations.

L’Hôtel de ville : un investissement ne devient pas moins important parce qu’il est financé par un mécanisme de prêt

L’un des arguments avancés contre le maire concerne le nouvel Hôtel de ville d’Ebolowa 2e. Ses adversaires insistent sur le fait que l’infrastructure repose sur un prêt remboursable. Mais cet argument mérite d’être replacé dans son contexte. Dans les collectivités territoriales, le recours à des mécanismes de financement, notamment l’emprunt, n’enlève pas à une infrastructure son caractère de réalisation publique. La véritable question n’est donc pas seulement : « Qui a payé ? ». Elle est aussi : qui a porté le projet, qui l’a défendu, qui l’a inscrit dans sa vision municipale et qui en assume aujourd’hui la gestion et le remboursement ?

Le nouvel hôtel de ville d’Ebolowa 2e

L’Hôtel de ville d’Ebolowa 2e constitue désormais un équipement visible, durable et structurant pour la commune. Vouloir réduire cette réalisation à la seule question du mode de financement revient finalement à déplacer le débat. Le bâtiment existe. Il améliore les conditions de travail de l’administration municipale. Il donne à la commune une nouvelle image institutionnelle. Le débat sur son financement peut être légitime. La négation de sa portée comme réalisation municipale l’est beaucoup moins.

« Ville propre » : peut-on effacer la contribution d’une commune au motif que la ville est collective ?

Autre sujet utilisé pour relativiser le bilan du maire : les distinctions obtenues par Ebolowa dans le cadre du concours de la ville la plus propre. Il est exact qu’Ebolowa constitue un ensemble urbain auquel participent plusieurs collectivités. Mais reconnaître le caractère collectif de l’effort ne signifie pas qu’il faille effacer la contribution de chacune des communes.

Si Ebolowa 2e participe aux opérations d’assainissement, à l’entretien de son espace communal, à la mobilisation des populations et à l’amélioration du cadre de vie, pourquoi faudrait-il lui interdire de revendiquer sa part du travail accompli ? Une distinction collective est précisément la somme des efforts individuels. Le mérite d’une équipe n’annule pas celui de ses composantes. Au contraire, la performance d’Ebolowa devrait être l’occasion de saluer la complémentarité entre les différentes municipalités plutôt que de transformer une réussite environnementale en querelle de propriété politique.

Djop : entre scepticisme politique et réalité d’un projet structurant

Le projet cacao de Djop fait également l’objet de critiques. Certains s’interrogent sur le niveau d’achèvement de certaines composantes, sur les capacités de fonctionnement ou encore sur les ressources humaines mobilisées. Ces questions peuvent être posées. Elles méritent même, lorsqu’elles sont techniquement fondées, des réponses précises. Mais il existe une différence fondamentale entre questionner un projet et décréter son échec. Le projet de transformation du cacao s’inscrit dans une problématique majeure pour le Cameroun : celle de la transformation locale des matières premières et de la création de valeur ajoutée.

Inauguration du centre d’excellence de Djop par l’Ambassadeur Nippon

Dans une région où le cacao représente un enjeu économique important, toute initiative visant à rapprocher la production de la transformation mérite d’être évaluée sur des critères objectifs : niveau d’exécution, équipements, production, emplois créés, rentabilité et perspectives. Autrement dit, le bilan d’un projet ne se fait ni par communiqué politique ni par rumeur de salon, mais par des indicateurs vérifiables. Et si des insuffisances existent, elles peuvent être corrigées. Un projet en développement ne saurait être condamné avant même d’avoir atteint sa pleine maturité.

L’éternel procès fait à l’homme d’affaires

Autre angle d’attaque : le fait qu’André Thomas Bengon soit à la fois homme politique et chef d’entreprise. Là encore, la prudence s’impose. Être entrepreneur et exercer une fonction élective ne constitue pas, en soi, une incompatibilité. Ce qui pourrait poser problème, ce sont des faits précis : conflit d’intérêts, attribution irrégulière de marchés, favoritisme ou utilisation de la fonction publique à des fins privées. Mais ces accusations nécessitent des éléments vérifiables.

Une suspicion ne saurait devenir une condamnation. Si certains marchés publics ou prestations sont contestés, la voie normale est celle de la preuve : documents contractuels, procédures de passation, montants, décisions administratives et, le cas échéant, conclusions des organes compétents. À défaut, transformer le statut d’entrepreneur du maire en argument politique revient davantage à attaquer son profil qu’à démontrer une quelconque irrégularité.

Le BIP : le résultat qui résiste aux attaques

C’est probablement ici que se trouve l’un des points les plus intéressants du débat. Même dans les critiques rapportées contre André Thomas Bengon, la question de l’exécution des projets publics semble difficile à évacuer. Or, en matière de gouvernance locale, les populations jugent d’abord ce qu’elles voient. Une route entretenue, un bâtiment construit, un espace assaini, un projet accompagné, une infrastructure réalisée ou un service municipal amélioré constituent des éléments concrets. La politique locale ne peut donc pas être réduite à la communication. Elle se mesure aussi à la capacité à transformer les décisions, les budgets et les programmes en réalisations. Et c’est précisément sur ce terrain qu’André Thomas Bengon semble vouloir installer son bilan.

Le véritable problème serait-il finalement son bilan ?

C’est peut-être la question centrale. Pourquoi un maire qui n’aurait rien réalisé constituerait-il une menace politique ? Pourquoi faudrait-il organiser des stratégies pour déconstruire son image si son action municipale était unanimement considérée comme insignifiante ? La controverse actuelle pourrait paradoxalement produire l’effet inverse de celui recherché par ses détracteurs : elle attire davantage l’attention sur les réalisations de la commune d’Ebolowa 2e. L’Hôtel de ville, les actions en faveur de l’assainissement, les projets économiques, le suivi des investissements publics et la présence accrue de la commune dans le débat local forment désormais un ensemble que l’on peut critiquer, mais difficilement ignorer.

Bengon doit-il être jugé sur ses ambitions ou sur ses résultats ?

La question du positionnement politique est légitime. La question du renouvellement générationnel l’est également. La place des femmes et des jeunes dans les futures équipes dirigeantes mérite même un débat sérieux. Mais le renouvellement politique ne devrait pas devenir un prétexte pour disqualifier systématiquement ceux qui sont déjà aux responsabilités. Un élu ne devrait pas être écarté parce qu’il est devenu visible. Il devrait être évalué sur ses résultats, son intégrité et sa capacité à servir l’intérêt général.

Une attitude du Mindhu Célestine Kectha Courtès lors des assises de la JMH tenue à Ebolowa en 2024 où la cité capitale régionale du sud raflait pour la deuxième fois consécutive le prix de la ville la plus propre du Cameroun

Si André Thomas Bengon nourrit des ambitions politiques plus larges, les électeurs seront libres de les apprécier. S’il a commis des fautes, elles doivent être établies. S’il existe des conflits d’intérêts, ils doivent être documentés. Mais si les critiques reposent principalement sur des insinuations, des interprétations politiques et des accusations sans preuves, alors le débat risque de prendre une autre dimension : celle d’une tentative de fragilisation politique plutôt que d’une véritable évaluation du bilan.

À Ebolowa, les réalisations resteront les meilleures preuves

La politique peut produire des discours. Elle peut aussi produire des rumeurs, des stratégies et des campagnes de dénigrement. Mais au bout du compte, les populations regardent les réalisations. André Thomas Bengon n’est certainement pas au-dessus de la critique. Comme tout responsable public, il doit accepter le contrôle citoyen et le débat contradictoire. Mais il serait tout aussi injuste de réduire son mandat à des procès d’intention.

L’avenir politique d’André Thomas Bengon ne se jouera donc pas dans les salons privés, mais sur le terrain de son bilan, de sa crédibilité et de la perception que les populations ont de son action. Et sur ce terrain, une chose est certaine : le maire d’Ebolowa 2e a déjà suffisamment construit pour que son bilan mérite mieux qu’un simple procès en visibilité. La prochaine bataille politique dira si cette visibilité constitue une faiblesse, une ambition ou, tout simplement, le prix à payer lorsqu’un élu devient suffisamment présent dans le paysage local pour être remarqué.

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