L’Agence sanitaire de l’Union africaine a averti que dix pays limitrophes de la République démocratique du Congo et de l’Ouganda risquent d’être touchés par le virus Ebola. Face à une épidémie d’une ampleur critique en RDC, les autorités sanitaires régionales tentent de mettre en place une stratégie de riposte coordonnée pour freiner la progression de la maladie.
KAMPALA — Le spectre d’une propagation transfrontalière du virus Ebola préoccupe les autorités sanitaires du continent. Réuni en conférence de presse à Kampala, le président de l’Africa CDC, le docteur Jean Kaseya, a déclaré qu’en plus de la République démocratique du Congo (RDC) — épicentre de la crise — et de l’Ouganda, dix pays de la région sont désormais considérés « à risque ». Cette liste de vigilance comprend le Soudan du Sud, le Rwanda, le Kenya, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Congo-Brazzaville, le Burundi, l’Angola, la Centrafrique et la Zambie.
La situation épidémiologique en RDC demeure particulièrement préoccupante. Le ministère congolais de la Santé recense désormais 867 cas suspects et 204 décès probablement causés par le virus. Cette détérioration rapide a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à élever le niveau d’alerte sanitaire à « très élevé » dans le pays. De son côté, l’Ouganda voisin enregistre un total de cinq cas confirmés, touchant notamment du personnel médical et des transporteurs transfrontaliers.
Face à l’urgence, les ministères de la Santé de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud ont adopté une feuille de route conjointe. Ce plan prévoit l’harmonisation des contrôles aux points d’entrée et le renforcement de la surveillance épidémique sous la direction de l’Équipe continentale d’assistance à la gestion des incidents (IMST). Pour déployer efficacement cette riposte unifiée, l’Africa CDC estime qu’un budget de 319 millions de dollars américains sera nécessaire.





