Sam Baka, le président de l’Alliance des forces progressistes (AFP), dans cette analyse pertinente jette un pavé dans la marre pour poser de manière claire la situation actuelle du Cameroun sur le plan politique.
« Des réformes en jachère et des annonces en errance »
Tout le pays est suspendu à des annonces qui tardent à venir. L’accouchement est difficile. Par voie basse, par forceps ou par césarienne ? Difficile de lire les oracles. On se perd en conjectures et en calculs savants.
Les ministres sont toujours dans l’attente d’un nouveau remaniement. Dans les allées du pouvoir, on s’observe en chiens de faïence. Qui reste ? Qui part ? Qui arrive ?
Les pygmées étaient arrivés nombreux dans la Capitale, Yaoundé, pour influer sur les décisions à venir en consultant les esprits de la forêt. De guerre lasse, malgré les onguents et les décoctions de plantes hallucinogènes. Leurs incantations n’ont pas porté.
Les nominations tardent toujours à venir. Nous sommes retombés dans la léthargie. Rien ne change. Ceux qui avaient déjà fait leurs cartons ont dû – sans doute – les défaire. Qui peut dire de quoi demain sera fait ?
Les pygmées sont repartis dans leurs forêts. La politique, c’est décidément un casse-tête et des céphalées pour leurs divinités, dieux des forêts et des rivières.
Le monde politique ne répond pas à leurs schémas de pensée et à leur mode opératoire.
Des effets d’annonces. Encore et toujours.
Nous avons assisté à un déferlement d’annonces tonitruantes. La nomination d’un nouveau gouvernement. Puis celle d’un vice-président. Beaucoup d’encre et beaucoup de salive. A croire que le Maître du Temps et des Horloges nous met à l’épreuve. Qu’il teste notre capacité de résilience. Et qu’il se délecte à prendre à revers tout son petit monde. On y perd son latin.
Mais chacun y va de son analyse. Plus éclairée et plus pertinente que la précédente. En attendant, rien en bouge. Rien ne vient. C’est l’atonie. Et c’est surtout l’attente. Interminable. Exacerbée. Exténuante.
Le Cameroun retient son souffle. Le pays est suspendu à des changements annoncés, mais qui tardent toujours à venir. Notre pays a l’art de faire du « surplace » alors que le temps presse. En dehors des clans qui intriguent et qui campent sur leurs prébendes et leurs avantages acquis. A quel saint faut-il se vouer ? Quel Dieu faut-il implorer ? Quel sorcier, quel prêtre, quel imam faut-il appeler à la rescousse ?
Qu’avons-nous fait pour mériter cette cruelle désillusion ? Dans un monde concurrentiel et dopé à l’IA (Intelligence Artificielle), dans un monde exacerbé par la compétition à outrance, notre pays ne peut pas indéfiniment rester sur le bas-côté de la route.
Nous ne pouvons pas durablement nous contenter de regarder passer les trains à grande vitesse du progrès social , du développement. Où en sommes-nous de notre souveraineté ? Il nous faut, coûte que coûte, retrouver le peloton de tête des pays africains.
Cyrille SAM MBAKA
Président de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP)
NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale de 237actu.com.





