Invité sur le plateau de Club d’Élites ce 2 août 2026, le politologue Pascal Messanga Nyamding a fait une révélation surprenante. L’universitaire affirme avoir adressé un courrier à Paul Biya pour le dissuader de nommer un vice-président, estimant qu’un tel dauphin constitutionnel menacerait le pouvoir en place en orchestrant une destitution.
C’est une confidence qui jette un pavé dans la mare des débats institutionnels au Cameroun. Alors que l’attente d’un dauphin constitutionnel alimente toutes les spéculations politiques depuis la révision de la loi fondamentale en avril 2026, le professeur Pascal Messanga Nyamding lève un pan de voile sur les coulisses du pouvoir. Selon lui, le choix de ne pas nommer de vice-président ne relève pas du simple hasard de l’agenda présidentiel.
La mise en garde d’un universitaire au sommet de l’État
Interrogé ce dimanche sur le plateau de Vision 4 lors de l’émission Club d’Élites, l’universitaire et politologue a affirmé avoir directement influencé la décision du chef de l’État à ce sujet. À travers une note confidentielle transmise à la présidence, il indique avoir attiré l’attention de Paul Biya sur les risques politiques majeurs liés à l’instauration de cette fonction, en s’appuyant sur des comparaisons sous-régionales en Côte d’Ivoire ou en Centrafrique.
« Monsieur le Président, en Côte d’Ivoire Ouattara a prévu un poste de vice-président, il n’a pas mis ça en place. En Centrafrique c’est pareil. Mais j’appelle votre haute attention sur un point, c’est le vice-président qui constate la vacance. Si vous essayez, ils vont vous inciter à mettre un vice-président et il va vous renverser », a-t-il soutenu en exclusivité.
Un vide institutionnel entretenu entre rumeurs et attentes
Depuis l’adoption des textes encadrant cette prérogative, l’absence de nomination d’un vice-président nourrit tous les fantasmes au sein de l’opinion publique, allant des faux décrets relayés sur les réseaux sociaux aux analyses les plus alarmistes sur la transition.
Tandis que l’opposition et les observateurs s’interrogent sur les motivations de ce statu quo, la sortie de Messanga Nyamding met en lumière les craintes persistantes d’instabilité et les calculs de survie politique qui entourent la question de la succession au sommet de l’État.
Entre ambitions masquées et précautions institutionnelles, le mystère autour de l’activation de ce poste clé demeure entier, laissant le président de la République seul maître de l’opportunité et du timing d’une telle décision.





