Lire ici sa sortie :
L’ÉTAT DES ROUTES : LE « FONDS DE COMMERCE » DES VOLEURS DU RDPC.
Parfois, j’ai peur que les abonnés à ma page trouvent que j’en fais trop. Le fait est que je combats ces gens depuis 35 ans; que j’en sais un rayon sur les méthodes de ces fossoyeurs de la République.
LA TECHNIQUE EMPLOYÉ
Depuis bientôt un mois, la ville de Douala se rapproche d’une île isolée puisque sortir ou entrer dans la ville se révèle être une entreprise des plus difficiles.
L’état des routes est tellement dégradé qu’il faut parfois jusqu’à 12h pour sortir de la ville, alors que 30 minutes en moyenne serait nécessaire.
Alors, des naïfs se disent: « ces gens sont très incompétents ». Ils n’ont rien compris car, tous les responsables de cette situation savent exactement ce qu’ils font. Ils savent que si la route est bien entretenue, il faudra juste boucher quelques trous de temps à autre.
En revanche, laisser la route se dégrader comme c’est le cas actuellement, surtout en pleine campagne électorale, poussera de toute façon le pouvoir à réagir dans « l’urgence ». Or, pour eux, l’urgence est un allié capital: on ne peut être ni rigoureux sur le cahier de charges, ni sur les prix en de telles circonstances et, avec leurs complices chefs d’entreprises, le gâteau à partager sera plus important.
UN AUTRE EXEMPLE SOUS FOCHIVE
Fochive a été longtemps le chef de la police dans ce pays: redoutable, cynique dans la traque des opposants politiques. Il a sévit sous AHIDJO comme sous BIYA, qui ont su apprécier ses « talents » en matière de répression.
Il avait l’habitude de recevoir à partir de minuit. le jour de ma convocation, je me présente dès 23h pour éviter des problèmes inutiles. En l’attendant, un de ses adjoints, originaire du Nord-Ouest, reconnaît le jeune Directeur de publication de Challenge Hebdo que j’étais et me propose de venir attendre dans son bureau.
Depuis mon arrivée, j’avais remarqué une grande effervescence dans l’immeuble : des gens entraient et sortaient à un rythme soutenu. Avec la naïveté de mon jeune âge, j’avais posé la question du pourquoi d’une telle agitation.
Le Commissaire a éclaté de rires. Sous le sceau de la confidence, il m’a dit que c’était ainsi tous les ans à l’approche de la fête du 20 mai; que les responsables faisaient tout pour passer les commandes des tenues des policiers et autres accessoires indispensables pour la parade en retard.
A 15 jours de l’événement, ils mettaient la pression sur la Présidence de la République en expliquant que ça grognait au sein de la police. Alors on affretait des cargos militaires pour aller chercher, en « urgence absolue », le matériel en France.
A l’aller comme au retour, les avions étaient pleins de passagers clandestins et de toutes sortes de marchandises. Du retour au pays, quel douanier aurait été assez idiot et fou pour contrôler le contenu d’un avion militaire ? Tout ce remue ménage était lié à ce trafic.
Visiblement, les organisateurs avaient refusé de donner une commission à ce Commissaire un peu trop bavard.
A L’ÉPOQUE DE AHIDJO
Pour en revenir aux routes dans un état aussi déplorable; voici ce qu’il faut retenir de l’époque d’AHMADOU AHIDJO:
– Chaque municipalité avait un système d’entretien des routes doté d’engins lourds et sophistiqués pour l’époque. Par exemple à Dschang, dès qu’un trou apparaissait sur la chaussée, il était immédiatement bouché. Je me souviens d’un jeu dangereux que nous pratiquions à la sortie des classes: on plaçais nos pieds sur le bitume pour sentir sa chaleur au point où certains perdaient tout le talon de leur chaussure.
– Sous AHMADOU AHIDJO encore, lorsqu’une route principale n’était pas bitumée, elle était en permanence arrosée d’eau pendant la saison sèche pour lutter contre la poussière avec pour objectif de rendre les voyages les moins désagréables possibles.
Sous BIYA, on laisse la pluie « arroser » abondamment les routes pleines de nids de poules en pleine saison de pluie, juste pour mesurer la colère des usagers : ces gens ne sont que des sadiques.
Benjamin Zebaze





