Que la nouvelle soit : le tourniquet de Merhoye Laoumaye

Nous avions déjà découvert la bonne nouvelle selon Merhoye Laoumaye dans un recueil de petites histoires croustillantes intitulé Les lunettes du caméléon. Nous l’avons aimé, donc, c’est sûr, nous aimerons aussi Le tourniquet du même auteur, Merhoye Laoumaye le conteur nouvelliste. Le tourniquet, c’est un recueil de trois nouvelles plutôt consistantes, illustratives de certaines réalités caractéristiques des sociétés africaines, des curiosités déplorables ou alors simplement insolites. La ceinture de sécurité par exemple met en scène un honnête homme, au départ bien accroché à sa foi chrétienne, et qui se laisse finalement dérouter et convaincre par un féticheur de porter une « ceinture de sécurité » magique. Il la porte, mais le mauvais sort supposément lancé à son encontre par des ennemis eux-mêmes donquichottesques l’épargnera-t-il pour autant ?… Dans la deuxième nouvelle, celle intitulée « À quelque chose… malheur est bon », les parents d’un enfant un peu attardé en viennent à prier pour qu’il ne parlât jamais, alors qu’auparavant ils avaient souhaité que leur progéniture puisse enfin prononcer des sons audibles et compréhensibles, comme tout enfant normal. Mais voilà qu’à sept ans révolus, les quelques rares mais alors rarissimes fois où le petit a ouvert la bouche pour dire deux mots, il est arrivé un grand malheur dans la famille, notamment au malheureux à qui il s’était expressément adressé. Frissons… La troisième nouvelle, « D’une terre à l’autre ou la pilule amère de Bouaké » nous transporte dans la guerre civile ivoirienne, dans la peau d’un expatrié français naturalisé ivoirien, époux d’une ivoirienne, pris dans l’étau des cruautés et des barbaries de la guerre. « Une des fonctions essentielles du conte, c’est d’imposer une trêve au combat des hommes », a dit Daniel Pennac. Les maîtres du monde, les seigneurs de guerre, les soldats des parties belligérantes devraient se la raconter plus souvent qu’ils ne guerroient, ou alors se l’entendre conter par les porteurs de bonnes nouvelles comme Merhoye Laoumaye, qui nous signe « Le tourniquet ». Que la nouvelle soit, et la lumière fut. Peace !
Le tourniquet de Merhoye Laoumaye était en lice à l’édition 2016 des Grands Prix des Associations Littéraires (GPAL).

palabresintellectuelles@gmail.com

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