Pour le journaliste camerounais Albin Njilo, il est évident que le directeur général du Port autonome de Douala a une connaissance claire de la situation puisqu’il était conseiller au cabinet du chef du gouvernement sur les questions portuaires avant d’être désigné Directeur général du PAD.
« Nommé vers la fin de l’année 2016, il s’installe véritablement en 2017 et lance son programme de renaissance de cette infrastructure portuaire à l’agonie. Le port de Douala faisait, en 2015, à peine 500 millions de FCFA de bénéfice net, moins que les bénéfices de Général Voyages ou de Finexs Voyages, ce qui est curieux pour une infrastructure dont le trafic portuaire avoisinait les 11 millions de tonnes, porte d’entrée des marchandises en transit pour le Tchad et la RCA » « Cyrus Ngo’o a engagé des réformes tant sur le plan organisationnel que sécuritaire, et boum ! En 2018, le bénéfice du port a explosé, atteignant les 2 milliards de FCFA. Ce qui, pour le DG, était insignifiant. Cyrus Ngo’o, depuis la Primature où il conseillait le Premier ministre, avait déjà identifié les deux goulots d’étranglement du port. Entre-temps, il rongeait son frein, attendant la fin des contrats de concession. Alors que Bolloré préparait le renouvellement du contrat de sa filiale DIT! Cyrus Ngo’o, contre toute attente, a pris l’une des décisions les plus courageuses pour un agent de l’État : la rupture unilatérale de la concession de Bolloré. On rompt d’abord et on gère le reste au tribunal. Résultat peu satisfaisant pour Cyrus Ngo’o, conscient des atouts de cette infrastructure. En 2026 donc, c’est la fin du contrat de la SGS. Présent au port depuis 2015, Cyrus Ngo’o a attendu la fin du contrat pour déconnecter SGS et installer Transatlantic. C’est alors que le ministre a sorti le contrat de SGS, le contrat de la honte, du ridicule et de l’injure envers tout un peuple. Un contrat qui autorise la SGS à travailler pendant dix ans au port, mais dont le décompte des six ans commence à partir de la 7ᵉ année. Du jamais vu. Qui pouvait bien signer un tel contrat ? Edgar Alain Mebe Njoh ? La décision du Premier ministre ? Une chose est sûre : Transatlantic est déjà sur le terrain. Doit-on tout déconnecter parce que le PM évoque les questions liées à la légalité, au respect de ce torchon que SGS présente comme étant un contrat ? Le PM a exhorté le port à continuer avec SGS. Le DG peut aussi utiliser son circuit pour toucher plus haut que le PM, la Présidence de la République, et cette fois non plus le conseiller Ayen Mauger, mais le PR en personne »



