Dans une offensive majeure contre le pillage des ressources minières, le ministère des Mines a identifié environ 200 entreprises opérant illégalement dans l’Est et l’Adamaoua. Constituées à 95 % de capitaux étrangers, ces structures sont sommées de cesser leurs activités immédiatement, sous peine de démantèlement forcé et de poursuites judiciaires. Un tournant décisif pour la souveraineté économique nationale.
L’heure est à l’assainissement. Dans un communiqué radio-presse rendu public ce 13 mai 2026, le Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, le Pr. Fuh Calistus Gentry, a dévoilé l’ampleur d’un phénomène qui ronge l’économie camerounaise : l’exploitation minière artisanale semi-mécanisée illégale. Pas moins de 200 sociétés, opérant sans titres valides, ont été débusquées dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua.
Une domination étrangère préoccupante
Le constat est cinglant. Sur les 200 entités répertoriées, plus de 95 % sont des entreprises à capitaux étrangers. Ce chiffre soulève des interrogations légitimes sur la porosité de nos frontières économiques et la facilité avec laquelle des acteurs extérieurs ont pu, jusqu’ici, s’approprier les richesses de notre sous-sol au mépris des lois de la République. Le secteur de l’or, particulièrement visé, semble être devenu le terrain de jeu privilégié d’opérateurs hors-la-loi.
Vers un démantèlement musclé
Le gouvernement n’entend plus se limiter aux simples avertissements. L’injonction est claire : les contrevenants doivent procéder au démantèlement immédiat de leurs unités de traitement du gravier aurifère et de leurs installations connexes. À défaut d’une exécution volontaire, l’Administration, appuyée par les Forces de Maintien de l’Ordre, interviendra pour libérer les sites. Une opération dont les frais seront, précise le communiqué, entièrement supportés par les sociétés fautives, indépendamment des poursuites judiciaires déjà engagées.
Cette fermeté affichée par le Pr. Fuh Calistus Gentry marque une volonté de reprendre en main un secteur stratégique souvent décrit comme une « zone de non-droit ». En publiant la liste complète de ces sociétés sur les plateformes officielles du MINMIDT, le ministère mise sur la transparence pour décourager les récidivistes et rassurer les investisseurs respectueux des normes.
La fin d’une époque ?
Si cet assainissement est accueilli avec soulagement par les défenseurs de l’économie nationale, il pose néanmoins le défi du suivi. Le rétablissement de l’autorité de l’État dans les chantiers de l’Est et de l’Adamaoua est un premier pas essentiel. Il reste désormais à transformer cette rigueur administrative en un levier de développement durable, afin que l’or du Cameroun brille enfin pour tous les Camerounais.





