« Le Rdpc dispose de 3 représentants dans un bureau de vote »

Man Ishaba, militant du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), met en avant à travers une analyse pointue les insuffisances du système électoral camerounais à quelques encablures de la présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun.

Au Cameroun, le processus électoral présente de nombreuses failles structurelles qui favorisent la manipulation des résultats au profit du RDPC. L’un des aspects les plus préoccupants se situe au niveau de la composition et du fonctionnement des bureaux de vote.

 

1.      Composition biaisée du bureau de vote

Chaque bureau de vote comprend généralement trois représentants directement ou indirectement liés au RDPC, ce qui remet en cause la neutralité et la transparence du scrutin :

  1. Le président du bureau de vote, nommé par ELECAM, est en principe une personne neutre. Cependant, dans la réalité, il s’agit souvent d’un militant du RDPC choisi pour la circonstance.

Rémunération journalière : entre 35 000 et 50 000 FCFA, selon les villes.

Cette nomination constitue une forme de récompense politique pour les militants du parti au pouvoir.

  1. Le représentant de l’administration, désigné par le sous-préfet, est lui aussi le plus souvent un sympathisant ou militant du RDPC.

Rémunération : environ 50 000 FCFA par jour.

Ce poste permet également de fidéliser les cadres locaux du parti sous couvert de mission administrative.

  1. Le mandataire officiel du RDPC, qui siège légalement dans le bureau de vote, agit directement pour défendre les intérêts du parti.

Ainsi, le RDPC dispose de trois représentants effectifs dans chaque bureau de vote, contre un seul pour l’ensemble de l’opposition ou de la société civile.

Ce déséquilibre crée un environnement de contrôle total du processus électoral par le parti au pouvoir.

  1. Le rôle du mandataire de l’opposition : un enjeu crucial

Le mandataire de l’opposition présent dans le bureau de vote joue un rôle essentiel. Il doit impérativement se tenir devant le président du bureau de vote lors de l’identification des électeurs.

Cette étape est le premier maillon de la fraude : c’est à ce moment que peuvent être introduits des électeurs fictifs, des votes multiples ou l’utilisation de cartes d’électeurs non attribuées.

Une vigilance accrue est donc nécessaire avant même le dépouillement.

3.      Appel à la vigilance et à la solidarité

Face à cette mainmise du RDPC sur les structures de vote, il est urgent pour les partis de l’opposition, les mouvements citoyens et les observateurs indépendants a défaut d’une coalition voulue et souhaitée par la population de :

– Unir leurs forces dans les bureaux de vote pour protéger chaque suffrage exprimé ;

– Former et encadrer efficacement les mandataires afin qu’ils maîtrisent les procédures électorales ;

Documenter et signaler toute irrégularité constatée avant, pendant et après le scrutin.

Je lance un cri d’appel à mon président Mohamadou Mota pour un énième sacrifice du Mrc pour la cause du changement de mettre à disposition des candidats de l’opposition qui le souhaitent les mandataires qui ont été formés pour la circonstance. Malgré l’enthousiasme la réalité est toute autre une élection ne se prépare pas en 3 mois si les pré-requis à la base ne sont pas prises en compte nous risqueront une fois de plus de buté.

 

NB : Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale de 237actu.com.

 

 

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