Après les inondations du 4 juin dernier qui ont paralysé le centre-ville de Yaoundé, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain est montée au créneau. Entre dégâts matériels importants et désordre urbain, Célestine Ketcha Courtes pointe du doigt l’incivisme des populations et presse la Communauté urbaine d’accélérer les travaux du Projet d’Assainissement de Yaoundé (PADY) pour prévenir de nouveaux sinistres.
Les pluies diluviennes du 4 juin 2026 ont transformé plusieurs axes stratégiques de la capitale en torrents, particulièrement aux abords de la Poste centrale. Si aucun décès n’est à déplorer, le bilan matériel est lourd et a nécessité l’intervention des forces de maintien de l’ordre pour sécuriser les accès. Dans une descente de terrain conjointe, la ministre de l’Habitat et du Développement urbain (MINHDU) a constaté l’ampleur des dégâts.
L’enquête préliminaire révèle que le sinistre résulte d’un effet conjugué entre aléas climatiques et défaillances humaines. Un point critique a été identifié au niveau du canal du Moundi : lors de travaux de reconstruction, des blocs rocheux ont été déversés dans l’infrastructure de drainage, entravant l’écoulement des eaux. La ministre a immédiatement ordonné le dégagement de ces débris, une opération en cours pour rétablir la capacité de drainage du collecteur.
Célestine Ketcha Courtes ne s’arrête pas à ce constat technique et fustige une culture de l’incivisme qui compromet les efforts de l’État. Les dépôts sauvages d’ordures ménagères dans les caniveaux et le non-respect des règles d’urbanisme rendent les infrastructures d’assainissement inopérantes. Face à l’urgence climatique, elle a sommé la Communauté urbaine de Yaoundé, maître d’ouvrage du PADY, d’accélérer la mise en œuvre du projet et de libérer les emprises nécessaires aux travaux de curage.
En définitive, le gouvernement rappelle que la lutte contre les inondations à Yaoundé ne peut reposer uniquement sur les chantiers publics. Tant que les comportements anthropiques — comme l’obstruction volontaire des collecteurs — persisteront, la ville restera vulnérable, quel que soit l’investissement consenti dans le PADY. Il s’agit désormais d’une question de responsabilité partagée entre l’exécutif et les citoyens.







