Pétrolier « Tagor » arraisonné en France : Yaoundé dément tout lien avec le navire

Le gouvernement camerounais monte au créneau. Suite à l’interception par les autorités françaises du pétrolier « Tagor » transportant du brut russe, le ministre des Transports, Jean Ernest Ngalle Bibehe, a formellement démenti que ce navire batte pavillon camerounais. Une mise au point ferme pour clore une polémique qui entache la réputation maritime du pays.

L’affaire, qui a éclaté au lendemain du week-end du 31 mai au 1er juin 2026, a fait grand bruit dans les sphères diplomatiques et maritimes. Arraisonné à plus de 600 kilomètres des côtes bretonnes alors qu’il se dirigeait vers le port de Limbé, le pétrolier « Tagor » utilisait indûment les couleurs du Cameroun pour justifier sa cargaison russe.

Pour le ministre des Transports, la réponse est sans appel : après vérifications dans les registres officiels, il s’avère que ce bâtiment n’est pas autorisé à naviguer sous pavillon camerounais. « Le ministre condamne avec rigueur l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité de la République du Cameroun », précise le communiqué officiel. Cette sortie vient confirmer les alertes répétées émises par le département ministériel, notamment les 6 février et 29 mai derniers, sur la recrudescence des navires fantômes arborant illégalement le pavillon national.

L’impératif de l’assainissement maritime

Au-delà du cas spécifique du « Tagor », cet incident met en lumière les défis persistants auxquels fait face le Cameroun pour sécuriser son registre maritime. Le gouvernement, par la voix du ministre, a appelé la communauté internationale à adopter des mesures « drastiques » contre ces pratiques frauduleuses qui deviennent, au fil des mois, une réelle préoccupation sécuritaire et diplomatique.

Le pays réaffirme son engagement à lutter contre la fraude et assure poursuivre ses réformes pour moderniser son administration maritime. Toutefois, cette multiplication des cas de navires utilisant frauduleusement le nom du Cameroun pose une question persistante : comment mieux protéger les attributs de la souveraineté nationale dans un secteur maritime international souvent opaque ?

Alors que l’enquête se poursuit en France, Yaoundé entend bien se dédouaner de cette affaire. Pour les autorités camerounaises, l’objectif est désormais clair : nettoyer le pavillon national de ces usages criminels qui, loin d’être anecdotiques, ternissent l’image et la crédibilité de l’État sur la scène maritime mondiale.

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