Le professeur Aimé bonny en tant qu’observateur du milieu du football revient ici, détails à l’appui sur certains moments de la carrière de celui qu’il considère comme la plus grande figure du ballon rond en Afrique.
Finale de la Can 1986 perdue contre l’Égypte à domicile. Aucun joueur au monde ne peut jouer une finale d’une telle compétition avec une cuisse pourrie. La France de Zinedine ZIDANE en sait quelque chose en CDM 2002.
Roger MILLA avait déjà mené (comme GÉNÉRAL) les Lions Indomptables Officiel à la victoire deux en plus tôt en Côte d’Ivoire et deux ans plus tard au Maroc.
Donc pendant 6 ans d’affilés, Roger Milla a été le maître à jouer de l’équipe nationale qui a dominé l’Afrique. Je rappelle que déjà en 1982 il était l’un des patrons (avec Jean Pierre TOKOTO) des LIC qui ont été arbitrairement empêchés d’accéder au 1/8 de finale de la CDM 1982 en Italie. Il avait marqué un but. En 1988 donc, Roger gagne sa seconde CAN après une finale perdue 2 ans plus tôt et une autre gagnée 4 ans plus tôt. Son aventure, commencée en 1972 avec le Cameroun, était loin de s’achever, puisqu’à 38 ans, en 1990, il infligea au monde entier un cours magistral de football, jamais égalé par un africain : meilleur joueur de la CDM, 4 buts marqués, 1/4 de finaliste (presque 1/2 finale car l’Angleterre était menée au score jusqu’à presque la fin du match).
Je rappelle que cette prestation stratosphérique était celle d’un type de 38 ans, retraité, qui s’entraînait seul, dans la forêt des collines de Yaoundé, pour aller rejoindre un groupe qui ne voulait pas du « vieux ». MILLA, esseulé par la jeune génération des LIC dominée par les frères Kana et Omam BIYICK, prenait son mal en patience, comptant les jours qui s’égrenaient avant le début de la compétition. Omam BIYICK ouvra les compteurs de buts des lions contre l’Argentine en match d’ouverture et boosta le moral des troupes. Fallait pas plus pour que le « vieillard » prenne les commandes de la maison, comme depuis 1973 : quelle longévité ! Les mégos de minutes que lui donnait le coach étaient suffisants pour montrer au monde entier qu’il est en réalité l’égal des PELÉ et MARADONNA. Il a seulement eu la malchance de naître en Afrique.
On a pensé que c’est le hasard, le « nton » qui justifiait cette prestation hors-norme. Ô que non ! 4 ans plus tard, à 42 ans, MILLA força encore sa présence en CDM aux USA. Il marqua un but dans une attaque de jeunes qui n’y arrivaient pas.
MILLA A MARQUÉ UN BUT A 42 ANS EN CDM !!
MILLA a joué en équipe nationale, comme patron, GÉNÉRAL, de 1973 à 1994, cad 21 ans ! Voici son bilan comptable : 2 CAN, une finale perdue de CAN, 3 CDM étant buteur à chacune d’elle. Un 1/4 de CDM et élu meilleur joueur du tournoi alors qu’il n’était pas titulaire (n’avait plus 90 min dans les jambes). Soyez sérieux quand vous parlez des joueurs africains et manquez de respect à ce monsieur.
Aimé Bonny, la mémoire du football africain





