Alors que les délestages électriques rythment le quotidien des Camerounais, la gestion des structures étatiques fait l’objet de vives critiques. Invitée au « Club d’Élites » ce dimanche, l’experte en management public Viviane Ondoua Biwolé a fustigé le recours systématique aux profils administratifs pour diriger des entreprises techniques. Une sortie qui pose avec acuité la question de la gouvernance managériale au Cameroun.
Le débat est ouvert, et il est loin d’être clos. Dans un contexte de mécontentement généralisé face aux coupures d’électricité récurrentes — une situation où les usagers peinent à percevoir une réelle amélioration avec l’avènement de la SOCADEL en remplacement de la défunte Eneo —, l’analyse de Viviane Ondoua Biwolé sonne comme une mise au point nécessaire.
Pour l’experte, le problème réside dans une méconnaissance des exigences du management moderne au sein des entreprises publiques. Elle dénonce une pratique courante qui consiste à nommer des hauts fonctionnaires, issus du corps préfectoral, à des postes de directeurs généraux de structures techniques, à l’instar de la SONATREL.
« On ne peut pas passer de préfet à directeur général de SONATREL et attendre que l’entreprise soit rentable. Ce n’est pas possible », a-t-elle martelé. Selon elle, cette stratégie est non seulement vouée à l’échec, mais elle place également les concernés en difficulté, faute de préparation adéquate.
L’experte a d’ailleurs filé une métaphore qui illustre la complexité du métier de gestionnaire : « Si vous prenez 7 ans pour former un médecin, je ne sais pas pourquoi vous pensez que gérer une entreprise c’est spontané, c’est intuitif. Ce n’est pas intuitif. »
Au-delà de la tribune télévisée, cette analyse résonne avec les attentes des populations. Face aux défis économiques et techniques actuels, l’appel à la professionnalisation du management public semble devenir, pour de nombreux observateurs, une nécessité urgente pour espérer une amélioration des services publics de base.





