Gaz : Valère Bessala dénonce le coût du contrat et le départ du navire Hilli Episeyo

Invité de l’émission « Libre Expression » ce dimanche, Valère Bessala a vivement critiqué la gestion du navire de liquéfaction Hilli Episeyo. Alors que ce bâtiment quitte les eaux camerounaises pour l’Argentine, l’analyste pointe du doigt le choix de la location au détriment de l’acquisition, dénonçant un lourd manque à gagner pour l’État et soupçonnant des pratiques opaques autour de ce contrat stratégique.

« Nous parlons de la dette. Vous avez appris, Hilli Episeyo, le bateau flottant qui servait à liquéfier notre gaz, est en train d’aller en Argentine pour un contrat de 20 ans. Ça veut dire que nous aurons des problèmes désormais. Enfin, je ne sais pas si, en laissant partir Hilli Episeyo, qui nous servait à liquéfier notre gaz à Kribi, ils ont une autre solution. Parce que le gaz aussi participait aux ressources de l’État.

J’ai fait mes petites recherches. Vous savez combien coûte ce petit bateau-là ? Le bateau, on le loue depuis 2018. Huit ans au Cameroun, il flotte en mer, on pompe le gaz et il est liquéfié. Il le rend en GNL, gaz naturel liquéfié, qu’on exporte, et il le rend en GPL, c’est-à-dire gaz de pétrole liquéfié, pour la consommation domestique. Voilà le travail de ce bateau. Vous savez combien il coûte ? C’est-à-dire que, si nous prenons un bateau, nous l’adaptons juste, nous mettons les cuves telles que les gens peuvent le constater, il coûte environ 750 milliards de francs CFA. Si nous devions le fabriquer, ils disent que c’est 5 millions de dollars, donc environ deux milliards huit cent soixante-cinq millions de francs CFA.

Donc les gens ont préféré louer un bateau, louer un instrument flottant, pendant huit ans, pour liquéfier notre gaz, alors que les fonds de la SNH auraient pu servir à nous monter toute une logistique de liquéfaction de notre gaz. Alors, imaginez toutes les rétrocommissions derrière cette affaire-là.

Quand Hilli Episeyo s’en va donc, parce qu’il est en train de s’en aller, Hilli Episeyo déclare que, rien que pour l’activité de liquéfaction de notre gaz au premier trimestre, il a fait un bénéfice de 40 millions de dollars en un trimestre. Si 10 millions de dollars, c’est 50 milliards de francs CFA, donc, en quatre trimestres de l’année, Hilli Episeyo fait un bénéfice de 200 milliards de francs CFA, multiplié par huit ans. Donc, ce bateau flottant, prêté par une entreprise pendant huit ans au Cameroun, a fait un bénéfice, j’ai pris la moyenne, de 1 600 milliards de francs CFA. Et maintenant, il s’en va en Argentine.

Alors, vous parlez de la dette. Nous nous endettons pourquoi ? Endettons-nous pour investir. On aurait pu nous endetter pour acheter un bateau comme celui-là et nous dire : ça nous évite tous les frais supplémentaires, les commissions, ainsi de suite. »

Valère Bessala dans LIBRE EXPRESSION sur Info Tv ce dimanche

Partager l'article:
Étiquettes:

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lire sur mobile

QR Code
Ne perdez plus rien, recevez le résumé de l'actualité quotidienne, directement dans votre courriel.

Vous êtes désormais inscrit à notre newsletter, merci de faire partie de notre auditoire!

Dans la même catégorie: ,

Depuis la mi-juillet 2026, une résurgence du choléra frappe la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Avec près de 1 000 cas enregistrés et 28 décès

Invité de l’émission Club d’Élites ce dimanche 9 août sur Vision 4, le Professeur Pascal Messanga Nyamding a réaffirmé sa proximité intacte avec le président

Ce dimanche au stade Larbi Zaouli de Casablanca, les Lionnes indomptables ont signé l’exploit en dominant le Nigeria (1-0) en quarts de finale de la

Face aux appels récurrents réclamant le constat d’une vacance présidentielle, Cabral Libii apporte un éclairage juridique décisif. Selon le leader du PCRN, la loi de

Alors que le président Paul Biya totalise ce lundi 64 jours consécutifs d’absence hors du territoire national, l’homme politique Samuel Hiram Iyodi monte au créneau.

Frappée par de violentes inondations et un éboulement meurtrier dans la nuit du 4 au 5 août 2026, la ville de Limbé pleure ses morts.