Ce dimanche, les autorités administratives de Yaoundé 5 ont débuté l’apposition des scellés sur plusieurs lieux de culte non autorisés. Pilotée par le ministère de l’Administration territoriale, cette opération vise à démanteler 1 400 églises de réveil identifiées comme clandestines. Entre lutte contre les nuisances sonores et volonté de moraliser la pratique religieuse, l’État durcit le ton après des faits divers tragiques.
L’opération de terrain a débuté ce dimanche dans le cinquième arrondissement de la capitale. Sous la supervision des autorités administratives, les forces de maintien de l’ordre ont procédé à la fermeture de plusieurs églises de réveil. Le motif est clair : le non-respect de la réglementation en vigueur. Outre l’absence criante d’autorisations administratives, ces lieux de culte sont régulièrement pointés du doigt par les riverains pour des nuisances sonores intempestives, perturbant la tranquillité des quartiers.
Ce déploiement marque le passage à l’acte des directives données par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Au total, ce sont près de 1 400 structures à travers le territoire national qui sont dans le viseur du gouvernement. L’objectif affiché est de restaurer l’ordre dans un secteur où la prolifération des assemblées religieuses échappe de plus en plus au contrôle de l’État.
Le durcissement de cette politique de régulation intervient dans un contexte national marqué par une vive émotion. Le 27 juin 2026, le meurtre de la petite Sylvana, 10 ans, à Nkolndongo, avait secoué l’opinion publique. La principale suspecte, une jeune femme présentée comme fidèle de l’assemblée « Vie et Paix du Cameroun », a justifié son acte par une supposée influence spirituelle, soulevant des questions graves sur les dérives observées au sein de certains espaces religieux.
Si la liberté de culte reste un droit fondamental, l’État camerounais semble désormais déterminé à ne plus tolérer l’anarchie. Par ces mesures coercitives, les autorités entendent encadrer strictement l’exercice des activités religieuses. Reste à savoir si cette campagne d’assainissement, bien que saluée par les populations exaspérées par le désordre, suffira à endiguer les dérives sectaires qui, ces derniers mois, ont durablement interpellé la société.





