Secteur minier : L’État durcit le ton face à la sous-déclaration de l’or

Face aux rumeurs de disparition de stocks d’or, le ministre des Mines, Fuh Calistus Gentry, a clarifié la situation ce 15 juillet. Le gouvernement dénonce une sous-déclaration massive de la production par certains opérateurs privés, entravant les recettes fiscales du pays. Pour assainir la filière, l’État annonce une batterie de mesures de contrôle et renforce significativement le rôle de la SONAMINES.

« Il n’y a pas de disparition d’or appartenant à l’État. » C’est par cette mise au point ferme, prononcée lors d’un point de presse à Yaoundé, que le ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) a souhaité clore le débat sur les prétendues pertes de ressources aurifères. Pour Fuh Calistus Gentry, le véritable problème est structurel : il ne s’agit pas de stocks évaporés, mais d’une production réelle qui est volontairement minimisée par les exploitants.

Un manque à gagner pour le Trésor public

Cette stratégie de la sous-déclaration, pratiquée par certains opérateurs privés, n’est pas sans conséquences. Elle impacte directement les caisses de l’État en réduisant mécaniquement les recettes issues de l’impôt synthétique minier ainsi que les taxes à l’exportation. À l’heure où le Cameroun cherche à maximiser ses revenus issus des industries extractives pour financer son développement, cette évasion fiscale sectorielle est devenue une préoccupation majeure pour le gouvernement.

Vers un encadrement strict

Pour inverser la tendance, le ministère change de paradigme. La réponse gouvernementale se veut opérationnelle : renforcer les contrôles sur les sites d’exploitation est désormais la priorité absolue. L’État compte instaurer des seuils minimaux de livraison afin de forcer la transparence.

Au cœur de cette nouvelle stratégie, la Société nationale des mines (SONAMINES) voit ses prérogatives élargies. L’entreprise publique sera désormais le fer de lance du suivi rigoureux de la production et de la commercialisation de l’or, qu’il provienne de l’exploitation artisanale ou semi-mécanisée.

Avec ces mesures, le gouvernement affiche sa volonté de reprendre la main sur une filière aurifère cruciale. Reste désormais à observer l’efficacité de ce dispositif sur le terrain, où la traçabilité demeure l’un des plus grands défis de l’administration minière.

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