Le RDPC vient de convoquer en urgence ses cadres pour une séance de travail le 22 juillet au Palais des Congrès de Yaoundé. Cette convocation soudaine, signée Jacques Fame Ndongo, intervient alors que le président Paul Biya prolonge en Europe un «court séjour privé » entamé le 7 juin, alimentant les rumeurs et les spéculations sur la stabilité politique du pays.
C’est une convocation qui résonne comme un coup de tonnerre dans le landerneau politique camerounais. Dans un communiqué officiel daté du 14 juillet, le secrétaire général du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), Jean Nkuete, a sonné le rappel des troupes pour une séance de travail à Yaoundé, prévue le mercredi 22 juillet prochain. L’urgence de la démarche n’est pas explicitement justifiée dans le texte, mais le Palais des Congrès s’apprête à accueillir les principaux artisans du parti au pouvoir : les chefs des délégations permanentes régionales et départementales, ainsi que les chargés de mission rattachés.
Le spectre de Genève Plane sur Yaoundé
La tenue de cette réunion, à une date aussi proche de l’appel, ne manque pas de susciter des interrogations légitimes. Officiellement, il ne s’agit que d’une simple séance de travail, une formalité administrative entre cadres. Mais dans un pays où les moindres faits et gestes du parti présidentiel sont disséqués, le timing est loin d’être anodin.
Les regards sont en effet tournés vers Genève, en Suisse, où le président Paul Biya séjourne depuis le 7 juin. Si la présidence de la République a toujours tenu un discours rassurant, évoquant un séjour privé pour soins médicaux mineurs, la prolongation de son absence et la présence sur place de plusieurs membres de sa famille nourrissent les rumeurs les plus folles sur l’état de santé réel du Chef de l’État. Ce silence de Genève, contrastant avec l’agitation soudaine à Yaoundé, crée un cocktail explosif d’inquiétudes et de spéculations qui envahit désormais les conversations, aussi bien dans les salons feutrés que dans les marchés populaires.
Vers une transition ou une manœuvre politique ?
Cette inquiétude n’est pas l’apanage des simples citoyens. Le Père jésuite Ludovic Lado, observateur critique de la vie politique nationale, a récemment laissé entendre, dans une publication sur les réseaux sociaux, que cette convocation pourrait être le signe avant-coureur de décisions majeures au sommet de l’État. Le prêtre jésuite suggère que les nouvelles en provenance de Suisse ne seraient peut-être pas aussi rassurantes que le voudrait la communication officielle.
En attendant le 22 juillet, le Cameroun retient son souffle. Le parti au pouvoir, le RDPC, se prépare à huis clos, conscient de l’ampleur de l’enjeu. La réunion de Yaoundé sera scrutée avec la plus grande attention : sera-t-elle le prélude à une clarification de la situation à Genève, ou simplement une manœuvre tactique du parti pour resserrer les rangs face à l’incertitude grandissante ? Quoi qu’il en soit, cette convocation confirme que le Cameroun entre dans une phase cruciale de son histoire politique, où chaque mouvement au sommet devient un indicateur de la santé réelle du régime.





