Un protocole d’entente historique a été signé le 4 novembre 2026 au ministère de la Communication entre l’État du Cameroun et les télédistributeurs. Désormais, les opérateurs comme Canal+, StarTimes ou Creolink ont l’obligation de maintenir l’accès gratuit et permanent aux chaînes publiques et d’intérêt général, même lorsque l’abonnement du ménage est expiré. Une avancée majeure pour le droit à l’information.
La fin de l’écran noir pour la CRTV et les médias locaux au Cameroun ! C’est un tournant décisif dans le paysage audiovisuel dans le pays. Jusqu’ici, dès la fin du mois, la coupure du signal par les opérateurs de télédistribution était totale. Le consommateur perdait l’accès à ses bouquets payants, mais aussi et surtout aux chaînes nationales d’information publique.
Cette pratique commerciale rigide laissait les ménages privés de la CRTV et des principaux médias d’actualité locaux. À compter de ce mois de novembre 2026, cette époque est révolue. Le décodeur ne servira plus uniquement d’outil marchand, mais garantira la continuité du service public de l’information.
La victoire d’une mobilisation citoyenne et du droit « Must Carry »
Cette décision gouvernementale s’appuie juridiquement sur le principe du « Must Carry », ancré dans la loi de 2015 sur l’activité audiovisuelle au Cameroun. Mais sur le terrain, cette signature est perçue comme le couronnement de la pression sociale.
En juillet dernier, le Collectif Boycott Canal+ Cameroun et plusieurs associations de consommateurs avaient lancé un ultimatum aux autorités, appuyé par le dépôt de 21 mémorandums. Leurs revendications portaient sur trois piliers : la souveraineté audiovisuelle, la défense du pouvoir d’achat et le droit inaliénable d’accès aux alertes d’urgence et aux programmes d’intérêt général. Le Collectif a d’ailleurs rapidement salué une première grande victoire de la société civile.
Un nouvel équilibre entre opérateurs, éditeurs et citoyens
Pour les foyers camerounais, l’avantage est immédiat : la télévision ne s’éteint plus totalement au dernier jour du mois. Pour les chaînes de télévision locales, c’est l’assurance de préserver leur audience et leur visibilité au-delà de la solvabilité mensuelle des abonnés.
Les géants du secteur, à l’instar de Canal+, Orange, SWECOM ou StarTimes, doivent désormais ajuster leurs paramètres techniques pour respecter cette exigence légale. Bien que le texte intégral du protocole n’ait pas encore été rendu public, le signal envoyé par Yaoundé est clair : au Cameroun, l’accès à l’information nationale ne dépendra plus jamais d’une facture impayée.





