Cameroun : l’opposant Maurice Kamto n’est pas à sa première arrestation sous le régime de Paul Biya, plus de 20 ans en arrière

PR Maurice KAMTO

Il y’a plusieurs décennies, le professeur Maurice Kamto était écroué dans une des geôles de la cité capitale du Cameroun, après avoir critiqué un livre qui faisait l’apologie du président Paul Biya.

A l’occasion d’un documentaire consacré à son parcours, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le professeur Maurice Kamto, est revenu sur les circonstances qui ont conduit à sa première arrestation sous le régime de Paul Biya.

« Hubert Mono Ndjana écrit un livre qui s’intitule L’idée sociale chez Paul Biya. J’avais déjà à cette époque-là l’habitude d’écrire dans les journaux. Et je pense qu’il avait sans doute lu quelques papiers de moi qu’il avait probablement appréciés, si non sur le fond au moins sur la forme. Donc je me retrouve à la chancellerie de l’Université de Yaoundé qui était encore la seule université du pays et il m’interpelle … il me dit : est-ce-que vous pouvez rendre compte compte de mon ouvrage, L’idée sociale chez Paul Biya ? Je dis volontiers, … mais à condition que j’aie la liberté de dire vraiment ce que j’en pense. Il dit pas de problème. »

« Je vais lire l’ouvrage, et plus je lis plus je suis abasourdi. Non seulement le livre ventait l’idée sociale chez Paul Biya … il avait un passage qui m’a fait froid dans le dos, où il disait je cite mémoire : préserver les appareils répressifs de l’ancien régime, pour les retourner contre tous ceux que l’on soupçonne d’être contre le renouveau. Et là, lisant ça, d’un enseignant de l’université, philosophe de surcroit, j’étais catastrophé. »

Après la lecture de cet ouvrage, l’opposant Maurice Kamto, enseignant à l’Institut des relations internationales du Cameroun (IRIC), fait son compte rendu qui sera publié dans le journal Le messager. Un commentaire qui ne plaira pas du tout à l’auteur, Hubert Mono Ndjana.

« Je suis dans la résidence que je partageais avec certains de mes copains, nous étions encore célibataires … un vendredi soir, un agent de l’IRIC arrive accompagné de deux personnes. Ces personnes se présentent de façon très courtoise et me disent que le grand patron veut vous voir. Moi je dis : le chancelier (le patron de l’IRIC) ? Ils me disent non, le Président de la République. Je tombe de nu comme vous pouvez l’imaginer. »

Seulement, une fois à bord du véhicule de ces agents du renseignement camerounais, Maurice Kamto se fait menacer et est reproché d’avoir tenu des propos injurieux contre le président Paul Biya.

« Où est-ce-que j’ai tenu des propos injurieux à l’endroit du chef de l’Etat ? Simplement parce que j’ai dit que non, on ne pas exalter la politique sociale du ¨Président de la République puisse qu’il ne l’a pas encore mis en œuvre ? Attendons qu’il l’ait mis en œuvre et on pourra faire le bilan. », Se défend-t-il.

Il est alors déshabillé et enfermé dans une cellule préalablement mouillée dans laquelle il passera trois jours.

Sa libération aura été due à un concours de circonstance. En effet, trois jours après son arrestation (un lundi), s’ouvrait la session des soutenances des mémoires à l’IRIC. C’est alors seulement parce qu’il était directeur de thèse de certains étudiants étrangers, qui s’étaient plaint de son absence auprès le leur ambassade, que le Professeur Maurice Kamto sera libéré.

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