Une vague d’indignation populaire a fait vaciller le quartier Odza à Yaoundé ce jeudi 28 mai 2026. Entre barricades de manifestants en colère et déploiement massif des forces de l’ordre, trois membres du gouvernement ont orchestré une réunion de crise au sein du Groupe scolaire bilingue La Gloire Olympique. Au cœur de cette tempête, une fillette de deux ans et onze mois, dont le traumatisme médical affole le Cameroun.
L’émotion brute a investi le bitume d’Odza dès les premières lueurs de la matinée. Brandissant des banderoles « Justice pour Joyce Nawal », des centaines d’habitants en colère ont exigé la fermeture immédiate de l’école. Face à cette foule débordante, les forces de maintien de l’ordre ont dû faire usage de la force, procédant à plusieurs interpellations pour contenir l’accès à l’établissement.
Un rapport médical glaçant
Le traumatisme de la petite Joyce, inscrite en prématernelle, a éclaté sur les réseaux sociaux le 25 mai dernier à travers une vidéo de dénonciation de sa mère. Selon la famille, les premiers signes de violences ont été détectés au retour des classes. Un examen médical approfondi est venu poser des mots cliniques sur l’horreur. L’échographie révèle « une vulve propre, hymen présent avec orifice large, présence de deux fissures anales à 3h et 9h, faible épanchement pelvien ». Le certificat médical atteste de traumatismes compatibles avec des frictions intenses ou des rapports sexuels brutaux.
Dialogue de sourds et guerre des versions
Si la famille réclame les images des caméras de surveillance, la direction de l’école crie à la diffamation et tente de défendre son calendrier. Selon la mise au point de l’établissement datée du 27 mai :
« Le 25 mai, la petite était à l’école en journée et ses parents l’ont récupéré à 13h40. C’est autour de 17h00 que sa mère est revenue […] pour signaler la situation. Le lendemain, les parents ont plutôt barricadé l’entrée. »
L’administration scolaire a déposé plainte à la brigade de gendarmerie d’Odza, affirmant collaborer de manière proactive en transmettant les vidéos de surveillance aux enquêteurs de la police judiciaire.
Le défilé des écharpes officielles
À 11h25, le ministre de l’Éducation de Base (MINEDUB), Laurent Serge Etoundi Ngoa, a franchi les grilles de l’école pour une réunion de crise. Il a été rejoint par le gouverneur du Centre, Naseri Paul Béa, la Secrétaire d’État Vivian Asheri Kilo, puis à 12h34 par les parents de la victime. Le père tenait fermement sa conjointe d’une main et, de l’autre, une paire de babouches de son enfant. À 13h29, Marie Thérèse Abena Ondoua, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, s’est jointe à ce conclave.
À la sortie de la réunion à 15h45, le patron du MINEDUB s’est montré ferme devant les projecteurs :
« Toutes les parties ont été entendues. […] Ce pays est encore gouverné. Si l’école est d’une façon ou d’une autre impliquée, les sanctions iront de la suspension à la fermeture. »
Une double enquête, administrative et judiciaire, est désormais ouverte pour faire toute la lumière sur ce drame qui ébranle la communauté éducative de la capitale.




